Anderlecht : « L’Éclair » est né le jour des adieux de Zetterberg

À 16 ans, Julien Duranville fait déjà rêver les supporters anderlechtois. Il a un sprint à la Doku mais a encore tout à prouver.

Yves Taildeman
Anderlecht : « L’Éclair » est né le jour des adieux de Zetterberg

Le 5 mai 2006 est gravé dans la mémoire de chaque supporter d’Anderlecht. Ce n’était pas seulement le jour du 28e titre (victoire 3-0 contre Zulte Waregem) et de la qualification directe pour la Ligue des champions (contre le Milan AC, Lille et l’AEK Athènes) mais surtout le jour des adieux de Pär Zetterberg comme joueur. En larmes, le stade avait dit adieu à son joueur préféré en brandissant 20000 pancartes "TAK" (merci en suédois).

Ce que le stade ignorait, c’est que le même jour, un futur chouchou potentiel du RSCAnderlecht était né. Son nom: Julien Duranville. Entre-temps, le gamin à la maman congolaise et au papa ivoirien a fait ses débuts dans l’équipe A du Sporting à l’âge de 16 ans et 17 jours, soit 11 jours de plus que le recordman Nii Lamptey en 1990 et 6 jours de plus que son idole Romelu Lukaku, en 2009. Lukaku était monté au jeu pour Victor Bernardez lors du deuxième match de barrage au Standard (défaite 1-0).

À Neerpede depuis ses 7 ans, Duranville est considéré comme le plus grand talent de la fameuse génération 2006, avec Ryan Bounida qui est parti à l’Ajax. L’Ajax était aussi sur Duranville, tout comme la Juventus, le Red Bull Leipzig et Lille. Cela fait des années qu’il attise la convoitise des plus grands clubs d’Europe, notamment après avoir été élu meilleur joueur du tournoi réputé de Bassevelde en U13.

Mais Anderlecht est donc parvenu à garder sa pépite. Les négociations n’ont pas été évidentes, vu l’intérêt des rivaux européens et vu les limites financières du Sporting. Mais le 5 mai 2021, jour de ses 15 ans, les Mauves étaient fiers d’annoncer que Julien avait signé pour trois ans, la durée maximale pour un jeune de cet âge.

Dans la vidéo annonçant la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux du club, Duranville dévoilait son club favori – Barcelone – et son surnom – "l’Éclair". En effet, sa vitesse est son grand atout; les Brugeois Odoi et surtout Ricca ne diront pas le contraire après la montée au jeu du golden boy qui a fait basculer la fin de match de dimanche. Duranville est l’un des rares joueurs qui, en plein sprint, est capable de faire une accélération supplémentaire. Comme Frank Acheampong à l’époque.

5-0 contre le PSG

Duranville préfère évidemment la comparaison avec Jérémy Doku et surtout Kylian Mbappé. Mais même si techniquement, il serait plus doué que Doku à 16 ans, le plus important sera de garder les pieds sur terre. Julien est encore en pleine post-formation et a évidemment encore des points de travail. Surtout mentalement, il devra apprendre à ne pas baisser les bras après un contrecoup et à ne pas se contenter de quelques coups d’éclat par match. Mais footballistiquement, il a presque tout: un excellent dribble, le sens du but, la capacité de jouer sur les deux flancs et d’éliminer un adversaire en un contre un…

Duranville a évidemment été surclassé chaque année. À 15 ans et 3 mois, il était le meilleur Anderlechtois lors du 5-0 des U18 en match de gala contre le PSG, retransmis sur le site du RSCA.

Le 10 janvier de cette année-ci, il a pu monter au jeu en match amical avec l’équipe A contre Zulte Waregem à Neerpede. Entre-temps, il enchaînait 12 matchs en équipe nationale U16 (deux buts, dont le 1-0 contre l’Italie, il y a deux semaines) et il se démarquait de plus en plus pendant les entraînements avec le noyau A d’Anderlecht.

La blessure de Stroeykens a précipité ses débuts officiels avec les grands. En 13 minutes de jeu (dont 8 minutes de temps réglementaire), il a donné de quoi rêver pendant les vacances aux supporters. S’il poursuit sur sa lancée, ce n’est pas en D1B avec les U23 qu’ils le verront à l’œuvre la saison prochaine, mais en D1A avec l’équipe A…