Le réalisme glaçant du Club fait perdre la tête à l’Union

Le promu, qui a gâché un penalty, glisse à la deuxième place et devra aller chercher sa revanche dès mercredi à Bruges.

Stéphane Lecaillon
 La déception de Casper Nielsen, après la défaite de l’Union contre des Brugeois très réalistes.
La déception de Casper Nielsen, après la défaite de l’Union contre des Brugeois très réalistes. ©BELGA

C’est une leçon de réalisme froid, glaçant, même, qu’a donné le Club à l’Union, ce dimanche, au Parc Duden. Une leçon aux conséquences terribles pour le promu; rêvées pour l’équipe de Schreuder. Pour la première fois depuis le matin de la onzième journée de championnat, l’Union n’est plus en tête, la faute à cette défaite 0-2 qui permet à Bruges de repasser un demi-point devant elle.

Croire que ce scénario était écrit d’avance, que la messe est dite et que les Blauw&Zwart filent vers un troisième titre consécutif serait oublier trop vite le contenu de la rencontre et manquer de respect aux Jaune et Bleu, qui ont passé la saison à surprendre toute la Belgique et ont toujours su rebondir avec une victoire après une défaite.

Les joueurs de Felice Mazzù, leur duo d’attaquant en tête, doivent une revanche à leurs supporters et à eux-mêmes. Ils auront l’occasion d’aller la prendre dès mercredi, sur la pelouse du Jan Breydel.

Évidemment, le défi ressemble à une gageure et le contexte sera très différent de celui de ce troisième match. C’est l’Union qui a du retard sur son rival, maintenant, et sera quasiment obligée de gagner, même si un partage ne serait pas un adieu au titre, alors qu’il resterait deux journées de play-off.

Reste que le match de dimanche peut donner des raisons d’y croire, si l’on regarde le verre au tiers plein, côté bruxellois. Parce que l’Union a tout simplement dominé Bruges, se créant plus d’occasions, mettant plus d’intensité, obligeant les pions offensifs adverses à se concentrer sur leur travail défensif.

Et de 100, pour Vanaken

Mais voilà, Bruges a l’expérience des play-off et a su attendre son moment. Il a pu s’appuyer sur un Mignolet infaillible pour repousser les vagues bruxelloises et faire mouche par Vanaken dans la dernière partie du match. Il y a de moins beaux moments qu’un sommet pour le titre pour inscrire son centième but pour son club. On n’avait pourtant pas vu le Diable rouge jusque-là, mais le capitaine a su transformer la première opportunité brugeoise (74e).

Ce réalisme tranche évidemment avec l’opération "gaspi" des Saint-Gillois. Déjà approximatif la semaine précédente à l’Antwerp (0-0), le duo Undav-Vanzeir a encore livré une prestation décevante. Comment pointer du doigt ceux qui ont déjà marqué 39 fois ensemble? Aucun Unioniste ne l’a fait, même à chaud.

Mais Vanzeir, qui avait déjà manqué son dernier penalty contre Saint-Trond en fin de phase classique, en a loupé un deuxième, à la 55e, à 0-0. Un moment qui restera peut-être comme le grand tournant de ces play-off et, donc, de la saison. Il n’a pas su cadrer un coup de réparation justement obtenu par Lazare sur une faute inutile de Mechele.

C’était de loin l’opportunité la plus franche manquée par les Unionistes. Ce ne fut pas la seule, mais le bon choix ou le geste juste ont toujours fait défaut, ce qui coûte cher et explique en bonne partie ce un sur six.

C’est ça, la réalité des play-off: des matchs qui basculent sur des moments clés. Mais il ne faut pas oublier que ce tour final est aussi un "roller coaster" émotionnel, comme le répétait Michel Preud’homme. Et que les vérités d’un jour sont encore plus vite balayées qu’en phase classique.

Une chose est sûre: Bruges a repris la main.