Deux points offerts par les hooligans anversois?

Des débordements de fans du Beerschot ont forcé l’arrêt du match à 0-0 à la 82e. L’Union s’imposera-t-elle par un score de forfait ?

Stéphane Lecaillon
 La police a dû intervenir et obliger le corps arbitral à mettre fin au match anticipativement.
La police a dû intervenir et obliger le corps arbitral à mettre fin au match anticipativement. ©Belga

Cela faisait un moment que l’Union n’avait plus signé un carton. Les pitoyables hooligans du Beerschot, qui traînent la réputation de supporters les plus détestés de D1 belge, en ont peut-être "offert" un au leader en faisant arrêter définitivement le match à quelques minutes de la fin, à 0-0.

L’Union aurait-elle gagné sans le triste spectacle offert par les énergumènes anversois? On jouait la 80e minute, quand une centaine de supporters anversois, tout de noir vêtus, sont venus se coller à la barrière derrière le but de Moris. Les jets de gobelets ont rapidement été suivis de lancers de pétards et une petite poignée a même enjambé les panneaux publicitaires pour foncer sur les supporters unionistes. Trente-cinq policiers des forces fédérales, casqués, bouclier au bras et berges allemands en laisse pour certains, se sont alors déployés devant le kop du Beerschot. Alexandre Boucaut arrêtait la rencontre à la 82e minute et 4 secondes, renvoyant d’abord temporairement les vingt-deux joueurs aux vestiaires, sans passer par la case "appel au micro" tant la menace était grande.

Lors de la réunion de sécurité entre toutes les parties, les forces de l’ordre ont expliqué ne pas pouvoir assurer la sécurité des joueurs, sentant bien que les hooligans anversois attendaient que la police se retire pour recommencer de plus belle. Alexandre Boucaut revenait alors siffler les trois coups finaux, à 20h25. Avec l’humour qui les caractérise, les supporters de l’Union ont entonné un "on ne dit pas non à un 5-0".

Quelle procédure?

Et maintenant? Puisque les débordements ont été commis par les supporters anversois, uniquement, l’Union espère remporter ce match sur un score de forfait sans même rejouer les dix dernières minutes. "On va voir ce qui va se passer, mais si je me souviens bien de ce qui était arrivé lors d’un Charleroi-Standard arrêté à l’époque (NDLR: en 2015), j’ose espérer que l’Union remportera ce match 5-0 puisque seuls les supporters d’un camp sont impliqués", estime Felice Mazzù.

Il faudra voir, aussi, combien de temps prendra le traitement du dossier par le Conseil disciplinaire. Il ne s’agit pas, ici, d’une procédure accélérée. Le Beerschot, gêné du comportement de ses "fans", a déjà fait comprendre qu’il n’irait pas en appel d’un éventuel score de forfait. Reste à voir si ce sera bien le cas… et si un autre club, fâché de voir l’Union bénéficier de points "gratuits", ne viendra pas se glisser dans la procédure.

"J’espère qu’on sera fixé avant le début des play-off", prie le T1 des Bruxellois. "On a déjà un système compliqué, alors s’il faut en plus attendre que les play-off soient entamés pour être fixés, j’estime que cela léserait notre équipe."

Le coup de sifflet final de la phase classique n’a peut-être pas encore été donné.

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