"J’aime voir au classement qu’on a la meilleure défense"

Burgess raconte le lien qu’il entretient avec son poste et pourquoi l’Union est la meilleure défense.

Stéphane Lecaillon
"J’aime voir au classement qu’on a la meilleure défense"
Burgess représente bien plus que sa carrure de videur. ©Belga

En bon British qu’il est, Christian Burgess sait ce que nettoyer un rectangle veut dire, mais le Londonien de 30 ans, diplômé de l’université de Middlesbrough en histoire, est bien plus que ce que sa carrure de videur laisse supposer. On a discuté avec le patron de la meilleure ligne arrière de D1 de son sujet de prédilection : bien défendre.

Moins d’un but encaissé par match

Il n’y a pas que la première place au classement de l’Union qui donne le sourire à Burgess. Il y a aussi ce statut d’équipe la moins perméable de D1A. Pour un promu, c’est particulièrement rare. Et Christian Burgess savoure pleinement son plaisir. Pas besoin de lui rappeler le chiffre, d’ailleurs, il le connaît : "N’avoir encaissé que 21 buts en 26 matchs, soit moins d’un par rencontre, c’est un très bon ratio. Et comme on a aussi l’attaque qui a le plus marqué, on peut dire qu’on fait du bon boulot aux deux extrémités du terrain. J’avais un entraîneur qui disait qu’il fallait se concentrer sur le fait d’être bon dans les deux rectangles. Bon, tout ce qui se passe entre les deux m’intéresse quand même… mais il faut reconnaître qu’à la fin, ce sont ces deux zones qui sont les plus importantes. En ce moment, j’aime regarder le classement et m’arrêter sur ce chiffre. Idem pour les clean sheets."

Douze pour Moris, treize au total : ici aussi, l’Union domine la D1A. "Oui, c’est quelque chose que je célèbre à la fin d’un match. Finir un match sans encaisser, c’est aussi agréable qu’un but pour un attaquant… même si, quand je marque, c’est encore mieux, parce qu’on n’attend pas ça de moi. Disons, que, de mon point de vue, le résultat idéal, c’est une victoire 1-0 où je marque le but (il sourit). C’est un peu égoïste, mais voilà. On a réalisé treize clean sheets; c’est un beau total."

Les performances défensives des dernières semaines ont été particulièrement intéressantes, avec un seul but encaissé, sur penalty, face à Bruges, Genk, Gand, l’Antwerp et Anderlecht, cinq prétendants à l’Europe, voire au titre. "Cela m’amène beaucoup de plaisir, quand on joue contre des grosses équipes, de tout bons attaquants, de voir qu’on tient sans qu’ils marquent."

Qu’est-ce qui fait la différence entre l’Union et les autres, alors? Burgess n’hésite pas beaucoup : "C’est tout le temps que cette équipe a passé ensemble, je crois. Notre cohérence collective."

La majeure partie de cet effectif était déjà à Bruxelles la saison passée. En D1B, certes, mais c’est clairement une force. "Tout le monde travaille dur pour l’autre. Regardez le boulot défensif de Dante (Vanzeir) et Deniz (Undav), par exemple : c’est la clé de ce qu’on réalise. On a de bonnes individualités, mais c’est le collectif qui s’impose."

Et puis l’orchestre de Mazzù sait exactement comment jouer la partition. "On connaît très bien notre système de jeu, on sait où chacun doit se placer et quel est son job. Si vos arrières ne rentrent pas dans le jeu quand le ballon est sur l’autre flanc, alors vous allez être vulnérable. Même chose pour le pressing : si Lazare ne fait pas le pressing, notre arrière latéral devra le faire et il faudra compenser." Un souci que ne connaît pas l’Union.

Le trio arrière de l’Union

Dans le trio arrière aussi, chacun connaît son rôle. Et celui de Burgess, au centre, est crucial. "Je suis le plus vieux de la défense, le plus expérimenté et j’ai ce sens de l’organisation qui, je l’espère, permettra à mes équipiers d’apprendre. Ils sont jeunes, ils aiment prendre des risques et partir devant balle au pied. C’est bien, même si je dois parfois un peu les freiner. C’était une de mes qualités quand j’étais jeune, mais dans les divisions inférieures anglaises, les entraîneurs n’aiment pas trop cette prise de risque. Et puis, à l’Union, dans notre système à trois, il y a beaucoup d’espace dans la largeur, donc mon job est de récupérer la balle, puis de la glisser à d’autres qui vont jouer plus dans la profondeur. Le milieu est souvent bien fermé, donc partir en dribbles là-dedans, c’est presque comme tomber dans un piège. J’ai sacrifié cette part de mon jeu que j’aimais quand j’étais plus jeune et que je jouais au milieu de terrain, mais c’est mon job dans l’équipe : garder l’organisation, faire en sorte que tout le monde reste concentré et qu’on prenne le moins de buts possibles. J’aime ce challenge."

Après Ismael Kandouss, il est le deuxième défenseur de D1 qui gagne le plus de ballons aériens dans le rectangle (33), du haut de son mètre 96. "Je ne suis pas toujours un fan des statistiques individuelles, car elles ne disent pas tout. Parfois, vous n’avez pas envie de jouer un duel aérien contre un attaquant parce que vous savez qu’il peut partir tout seul face au gardien si vous le perdez, donc vous préférez ne pas y aller. Mais c’est sûr que les ballons aériens dans le rectangle, c’est un chiffre très important. Vous essayez d’en perdre le moins possible, donc c’est plaisant à entendre."

Et surtout compliqué à gérer pour les avants adverses.