"Les Danois ont compris mon départ en D2 belge"

Avant d’atterrir à Bruxelles, Casper Nielsen s’est fait un nom dans son pays d’origine.

François Garitte
"Les Danois ont compris mon départ en D2 belge"
Avant d’éclater en Division 1A avec l’Union cette saison, Casper Nielsen a gravi les échelons un par un au Danemark. ©Belga

Casper Nielsen est au sommet de son art. Homme du match face à Anderlecht, le milieu de terrain est l’une des pièces maitresses du dispositif de Felice Mazzù.

Avant de signer à l’Union durant l’été 2019, c’est chez lui, au Danemark, que le joueur de 27 ans s’est forgé une mentalité de guerrier. Avec son père, ex-footballeur professionnel, comme tout premier professeur. "J’ai commencé à l’âge de 4 ans mais j’avais déjà cela dans le sang quand je suis né, se souvient Nielsen. Mon père était un attaquant gaucher assez puissant. Les médias l’avaient surnommé "Iceman", après un triplé très médiatisé, car il travaillait dans une entreprise de glaces (sourire). Il s’implique beaucoup dans ma carrière et est souvent en Belgique pour regarder mes matchs. C’est chouette d’avoir dans son cercle proche une personne qui sait exactement ce qu’est le monde du football professionnel. C’est le genre de père qui me parle de mes erreurs quand je fais un bon match. Ma maman est différente : elle pensera toujours que j’ai fait le match de ma vie même après une défaite 6-0 (rires)."

Depuis tout petit, Casper Nielsen a montré de grandes facultés sur le terrain. À tel point que les plus grands se sont intéressés à son profil durant son adolescence. "Plusieurs grands clubs danois voulaient me transférer durant ma formation. J’ai aussi fait un test à Manchester City à l’âge de 15 ans. C’était une expérience incroyable, c’était un tout autre monde. Mais je n’étais pas prêt pour partir loin de ma famille. Malgré tout, j’ai assez tôt voulu devenir footballeur professionnel."

L’Europa League avec Esbjerg

Formé à Esbjerg, Nielsen fait ses débuts professionnels dans le championnat danois à l’âge de 18 ans. Après une première année passée dans l’ombre, il se fait une place dans l’effectif durant la saison 2013-2014. "C’est incroyable de pouvoir jouer pour le club de sa ville, explique l’Unioniste. Je garde de bons souvenirs comme le jour où j’ai été capitaine à 21 dans l’un des matchs les plus importants du Danemark, face à Brondby. En 2013, nous avons aussi gagné la Coupe et j’ai réellement compris ce qu’était le football ce jour-là. Peu importe la manière, l’important est de gagner. Simplement gagner, gagner, gagner. Je me fous de marquer quatre buts ou d’inscrire deux goals contre mon camp : l’important est la victoire au coup de sifflet final."

Le succès en Coupe ouvre les portes de l’Europa League à Esbjerg qui est versé dans un groupe avec Elfsborg, Salzbourg et… le Standard. À seulement 19 ans, Nielsen participe pour la première fois à une compétition européenne et est même titularisé sur le terrain de la Fiorentina au tour suivant. "En étant si jeune, il y a un peu de nervosité avant le match mais une fois sur le terrain, tu ne réfléchis pas trop. Nous avions une très bonne équipe avec par exemple Martin Braithwaite qui joue maintenant à Barcelone. Cela a été une bonne chose pour mon développement d’être confronté à de la pression à un si jeune âge."

Après quatre ans et demi à Esfberg, Nielsen décide de quitter sa ville et signe durant l’hiver 2017 à Odense. Un saut vers l’inconnu que le milieu de terrain ne regrettera pas. "Esbjerg me proposait un bon contrat mais la culture du club était morte. Il y avait beaucoup d’attention autour de moi car j’étais l’un des joueurs qui devait aider le club à progresser. Chaque jour, les mêmes personnes me regardaient en se demandant ce que j’allais réaliser sur le terrain. J’avais besoin de voir autre chose et d’aller de l’avant. Rejoindre Odense était le bon choix avant de quitter le Danemark."

L’incompréhension lors de son départ

Un départ vers l’étranger qui a finalement lieu durant l’été 2019 avec comme point de chute l’Union Saint-Gilloise. Les Bruxellois sont alors entraînés par Thomas Christiansen et tentent par tous les moyens de sortir de la Division 1B. "Quand mon agent m’a parlé de l’Union, je me suis dit que ce n’était pas un pas en avant dans ma carrière. Mais Chris O’Loughlin (NDLR: le directeur sportif)est revenu plusieurs fois à la charge et m’a montré qu’il me voulait vraiment. Lors de notre premier entretien, j’ai été surpris par le fait qu’il savait tout à mon sujet. Il me connaissait comme footballeur mais aussi comme personne. Il m’a promis que le club allait réussir à atteindre ses objectifs."

Casper Nielsen est titularisé dès la première journée de championnat et ne loupera que trois rencontres de championnat en deux saisons et demie. "Quand je suis parti, beaucoup de Danois se sont demandé ce que j’allais faire en D2 belge. Aujourd’hui, les gens ont compris (sourire). Plusieurs grands clubs danois me voulaient mais je souhaitais rejoindre l’étranger. C’était un pari risqué et peut-être pas nécessairement un pas en avant dans ma carrière à première vue. Maintenant, je peux regarder en arrière et me dire que j’ai fait le bon choix."