"Je le surnommais Agüero à Malines" : ses anciens coéquipiers racontent Dante Vanzeir

Durant la saison 2019-2020, l’Unioniste Dante Vanzeir a tenté de se faire une place à Malines.

François GARITTE

Pour l’Union, l’heure de la revanche a sonné. Battue par Malines en championnat et en Coupe cette saison, l’équipe de Mazzù va vouloir faire mentir l’expression "jamais deux sans trois".

Avec un joueur dont la motivation sera décuplée : Dante Vanzeir. Durant la saison 2019-2020, le néo-Diable rouge a été prêté par Genk au club malinois. Avec des hauts mais aussi beaucoup de bas, comme peuvent en témoigner trois de ses ex-coéquipiers : Thibault Peyre, Clément Tainmont et Onür Kaya.

D’adversaire à coéquipier

L’histoire entre Vanzeir et Malines débute le 20 juillet 2019. Ce soir-là, le Belge porte encore le maillot de Genk lors de la Supercoupe. Entraîné par un certain Felice Mazzù, Dante Vanzeir monte au jeu en fin de match et inscrit le troisième but de ses couleurs face à… Malines (3-0). Cinq jours plus tard et malgré des offres de Waasland-Beveren et du Cercle Bruges, l’attaquant âgé de 21 ans est prêté avec option d’achat à Malines. Malgré l’envie de Mazzù de le garder à Genk, Vanzeir sait que la concurrence sera trop forte au sein d’un club qui vient alors de transférer Stephen Odey à son poste. "Mon objectif personnel est d’engranger le plus de minutes possible et de devenir un meilleur footballeur", explique Vanzeir aux médias du club. "Je veux aussi marquer pour ces supporters magnifiques."

Des supporters qui ne vont pas tout de suite l’adopter. En cause, sa dernière saison passée, avec succès (17 buts et 4 assists), avec le maillot du Beerschot, un rival que les Malinois ont battu quelques semaines auparavant dans le match pour la montée en D1A. "Il arrivait au sein de l’équipe ennemie", sourit Clément Tainmont, joueur de Malines de 2018 à 2020. "Il avait fait une grosse saison avec le Beerschot et je me suis dit qu’on avait acquis un buteur qui allait être important pour l’équipe. J’ai vu son arrivée d’un très bon œil."

Après des minutes de jeu grappillées à Zulte Waregem, Dante Vanzeir reçoit sa première titularisation face à Anderlecht avant de retourner sur le banc… puis de retrouver une place de titulaire face à Mouscron où il sera élu homme du match par ses supporters. "Dante est resté le même joueur qu’à l’époque", analyse Onür Kaya qui se contente actuellement d’une place de remplaçant à Malines. "Je le surnommais Agüero car il avait un peu le même style de jeu : il était assez costaud, très rapide et adorait plonger dans la profondeur."

Des qualités qui ont aussi tapé dans l’œil de Thibault Peyre, ex-Unioniste parti à Malines durant l’hiver 2019. "Il avait déjà beaucoup de qualités, notamment celle de plonger dans les espaces avec toujours le bon tempo. Son intelligence dans les appels de balle m’avait fort marqué. C’était un joueur très mobile qui n’était jamais collé aux attaquants et qui était très dur à cerner. Je n’aime d’ailleurs pas jouer contre ce genre d’attaquants (sourire)."

Une forte concurrence

Malgré ses qualités indéniables, Dante Vanzeir ne reçoit pas le temps de jeu espéré. Titulaire à dix reprises sur toute la saison, l’attaquant est barré par des attaquants du calibre d’Igor de Camargo. "Il n’était pas le premier choix dans la hiérarchie mais il a quand même participé à la belle saison de Malines, continue Peyre. Je me rappelle qu’il a inscrit des buts importants comme ce doublé face à Courtrai qui nous offre la victoire (NDLR : victoire 2-3, le 20 septembre 2019). La concurrence était rude : le très expérimenté de Camargo marquait une dizaine de buts par saison, Engvall était en pleine forme et le club comptait beaucoup sur Togui. C’était difficile pour Dante de se faire une place même s’il avait un profil différent des autres attaquants. Lui pouvait tourner autour d’un coéquipier à l’avant alors que les autres étaient plutôt des attaquants fixes."

Parfois envoyé dans l’équipe réserve pour garder le rythme des matchs, Dante Vanzeir joue sous les ordres de Johan Walem avec les U21 belges, comme Vanheusden, Sambi Lokonga ou Doku. Le sélectionneur continue alors de faire appel à lui malgré sa situation délicate à Malines. "Je me suis très vite lié d’amitié avec Dante car j’étais dans la même situation que lui, se souvient Clément Tainmont. Quand tu es souvent sur le banc avec d’autres joueurs, il est plus facile de créer des affinités. Parfois, il était aligné plusieurs matchs de suite et je pensais qu’il allait surfer là-dessus mais il était ensuite rebarré par la concurrence. Le fait d’être mis de côté a pas mal pesé sur ses performances. C’est son principal défaut : même s’il avait d’énormes qualités, il pouvait se poser beaucoup de questions quand il ne recevait pas la confiance du coach."

Avec Wouter Vrancken, le courant passe bien. Celui qui est encore aujourd’hui à la tête de Malines reste d’ailleurs très élogieux envers son ancien joueur même s’il ne lui a pas permis d’exploser au plus haut niveau. "Je me rappelle avoir eu un jour une discussion avec Dante, continue Tainmont. Je lui ai dit : ‘Le jour où tu seras avec un entraîneur qui te donnera toute sa confiance, tu exploseras’. Au Beerschot, Vreven lui donnait beaucoup de confiance. À Malines, Vrancken ne lui en donnait pas assez. Et maintenant à l’Union, Mazzù lui fait énormément confiance et cela se voit dans ses prestations sur le terrain. Dante est quelqu’un de très affectif."

Une analyse confirmée par Kaya, le capitaine de l’équipe lors de cette saison 2019-2020. "Quand on sait que le coach peut te sortir de l’équipe après deux mauvais matchs, cela trotte dans la tête d’un joueur… C’est difficile de performer quand tu n’es pas en confiance et que tu ne te sens pas vraiment bien dans tes baskets. J’ai toujours dit que la confiance permet de faire la moitié du chemin en football. À l’Union, il y a lui, Undav mais pas vraiment de réel concurrent derrière. Il se sent bien, il empile les buts et n’a peur de rien. Sa plus grande chance a été de tomber sur Felice Mazzù qui l’a remis sur les bons rails."

Discret et travailleur

Et même s’il n’aura pas complètement explosé à Malines, Dante Vanzeir aura tout de même marqué les esprits. Ne se plaignant jamais, le Limbourgeois a laissé une bonne image de lui dans le vestiaire malinois. "C’est un super garçon très facile à vivre et avec qui on pouvait facilement rigoler, lance Peyre. Ce n’est pas le genre de personne qui va montrer qu’il est déçu de son temps de jeu et qui va aller se plaindre auprès du coach. Il est discret et travailleur, avec une bonne mentalité."

Et cela malgré le fait qu’il n’ait accumulé que 97 min sur les 12 derniers matchs de Malines, jusqu’à l’arrêt du championnat à cause de la pandémie. "Autant il n’a pas reçu beaucoup de temps de jeu chez nous, autant il n’a jamais foutu la merde dans le vestiaire, conclut Onür Kaya. Ce n’est pas un grand bavard mais plutôt un gars calme et respectueux avec qui je suis encore de temps en temps en contact. Quand tu vois les jeunes joueurs actuels, c’est autre chose"

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