OHL-Standard: «Émilio serait un 10, Yannick un 6»

Manu Ferrera préface le «duel» entre Émilio, son frère, et Yannick, son neveu. Et jette un regard sur leurs trajectoires et styles.

OHL-Standard: «Émilio serait un 10, Yannick un 6»
- ©Photos Belga
Frédéric Bleus

Demain, à Louvain, les caméras ne seront pas seulement braquées sur la pelouse. Elles feront aussi un détour par les bancs de touche, pour s’arrêter sur Emilio et Yannick Ferrera. Le neveu (l’entraîneur du Standard, 35 ans) et son oncle (celui de Louvain, 48 ans) seront opposés pour la première fois. Un match dans le match particulier, pour plusieurs raisons. Explications avec Manu Ferrera, le frère d’Émilio, directeur de l’école des jeunes à Gand et ancien adjoint de Michel Preud’homme au Standard.

Émilio l’entraîneur et Yannick le joueur

À Lombeek (Promotion) puis à Beveren (D1), à la fin des années 90 et au début des années 2000, Yannick Ferrera a eu Émilio comme entraîneur. «Durant cette période, Yannick s'est rendu compte qu'il ne ferait pas carrière, comme joueur de haut niveau », dit Manu. La carrière d'Émilio, la trentaine à l'époque, décolle en D1 (il passera par le RWDM, le Lierse, le Brussels, La Louvière et le FC Bruges). Yannick, à 24 ans, rejoint quant à lui Anderlecht, où il s'occupe des équipes d'âges.

Émilio le «maître» et Yannick le «stagiaire»

«Yannick s'est beaucoup inspiré d'Émilio, qui lui a donné le goût du travail, de l'analyse», explique Manu Ferrera. En poste en Grèce (Xanthi, Panthrakikos et Panionios entre 2007 et 2010), l'oncle a accueilli son neveu en stage. L'apprentissage va même se poursuivre à Al-Shabab, où Yannick devient analyste vidéo alors qu'Émilio est l'adjoint de Michel Preud'homme, une autre source d'inspiration pour l'entraîneur actuel du Standard. C'est également à cette époque que les relations entre Émilio et Yannick se sont refroidies.

Émilio le créateur et Yannick le bosseur

L'image, donnée par Manu Ferrera, est belle: «Si on devait les comparer à des profils de joueurs, je dirais qu'Émilio est un numéro 10 et Yannick un numéro 6. Émilio a toujours été plus artiste, il avait ses inspirations. Yannick est plus laborieux, il copie plus, mais il est encore jeune. Quand je vois ce qu'il veut mettre en place au Standard, j'ai l'impression de voir l'Atletico Madrid (NDLR: dont Manu est fan alors que Yannick ne cache pas qu'il apprécie le travail de Diego Simeone).»

Une image médiatique opposée

Chez les Ferrera, on est également analyste. Manu a ouvert la voie, sur Canal +, puis Émilio l'a fait, notamment en 2002 pour la RTBF durant la Coupe du monde, avec des analyses très intéressantes. Yannick, enfin, était actif sur Proximus TV. «Dans les analyses, aussi, Émilio est plus inventif. Il avait une vision que personne n'avait, une analyse qui surprend tout en restant pertinente. Yannick et moi sommes plus " traditionnels ".»

S'il est un analyste de qualité, Émilio Ferrera ne fait rien, en revanche, pour améliorer son image médiatique. «Il n'a jamais soigné sa communication, et c'est peut-être une erreur, juge Manu. Il ne s'intéresse qu'au foot. Tout ce qui est autour, il s'en fout un peu.» Le grand frère estime d'ailleurs: «On lui a souvent mis sur le dos les mauvais résultats d'une équipe, il était toujours le mouton noir, mais pas toujours pour des raisons sportives. L'exemple le plus frappant, voire scandaleux, a été son limogeage à Genk, après un match seulement (au début de la saison 2014-15).»

Yannick bénéficie d'une autre image médiatique. S'il avance ses certitudes, il reconnaît ses erreurs et son dynamisme colle avec l'image du Standard, ce qui plaît aux supporters. «Yannick est passé à travers le 1 sur 15, sans être inquiété. Émilio ne serait jamais allé jusque-là, il aurait été mis dehors avant. »