Biglia veut forcer son transfert

«Je rentre en Argentine pour passer les fêtes en famille et après on verra», déclarait Lucas Biglia dans nos éditions du 22 décembre dernier à l’occasion de ce qui pourrait bien être sa toute dernière grosse interview «belge». On n’a… rien vu ce week-end à Belek puisque l’Argentin a décidé de ne pas rejoindre la Turquie où Anderlecht prépare la deuxième moitié de la saison.

Xavier thirion

Autorisé comme plusieurs de ses coéquipiers à atterrir directement sur le sol turc sans passer par Bruxelles, Biglia n’était pas au rendez-vous, samedi en fin de soirée, à l’aéroport d’Antalya.

«Nous ne savons pas où il est, nous n'avons reçu aucune nouvelle», déplorait dimanche matin David Steegen, le porte-parole d'Anderlecht.

«J'ai appris à ne parler que des joueurs présents», lançait quant à lui John van den Brom à la sortie du premier entraînement de la journée. Quelques heures plus tard, le club bruxellois annonçait qu'Herman Van Holsbeeck était parvenu à renouer le contact avec le joueur ou en tout cas avec son entourage.

L’agent de l’Argentin, Enzo Montepaone, a expliqué son point de vue au manager général des Mauves et lui a fait savoir les volontés de son protégé. Le milieu de terrain anderlechtois veut clairement forcer son transfert dans un championnat plus huppé au cours de ce mercato de janvier. Mais quel club serait prêt à débourser 8 millions€, conformément à cette fameuse clause que Lucas Biglia a signée au printemps 2011 pour pouvoir jouer la Copa America et dont il se sent aujourd’hui prisonnier? À l’exception d’un éventuel amateur de l’Est, probablement aucun.

«Plusieurs clubs m'ont contacté, dont trois cercles italiens (NDLRL: la Fiorentina a souvent été citée), mais cette clause complique tout», répète Montepaone depuis plusieurs semaines alors qu'Anderlecht attend toujours la première offre digne de ce nom.

En entamant ce bras de fer avec la direction mauve, le clan Biglia n’a probablement pas choisi la meilleure tactique et certainement pas la plus élégante pour tenter de la convaincre de faire baisser le prix de l’Argentin dès ce mercato hivernal. À bientôt 27 ans (le 30janvier), Biglia est plus que jamais persuadé qu’il n’a plus une minute à perdre s’il veut conserver une (petite) chance de jouer le Mondial 2014 avec l’Argentine. Mais Anderlecht, soucieux de rentabiliser les 4 millions déboursés durant l’été 2006 pour s’attacher les services du métronome d’Independiente, n’entend évidemment pas brader son capitaine qui avait toujours brillé par son professionnalisme jusqu’à ce week-end. Enzo Montepaone, qui n’a dans son portefeuille que Biglia, est visiblement parvenu à persuader ce dernier de s’asseoir sur ses principes. Quitte à mettre en difficulté au second tour un Anderlecht échaudé par le départ inopiné de Mbark Boussoufa à Anzhi, en mars 2011.

John van den Brom et ses patrons ont beau assurer qu’ils sont préparés à son départ, ils auraient mille fois préféré pouvoir compter sur un capitaine pleinement concerné par la cause mauve jusqu’au terme de la saison pour décrocher un 32e titre. Synonyme, faut-il le rappeler, d’une participation directe aux poules de la lucrative Ligue des champions.

Si Frutos, Suarez et Biglia ont largement contribué à la rédaction de quelques très belles lignes du palmarès du Sporting ces dernières années, on pourrait écrire un livre sur Anderlecht et ses déboires argentins.

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