Van den Brom: «C’est l’Anderlecht dont je rêvais»

En quinze jours, John van den Brom est passé de quatre défaites en cinq matches à quatre succès d’affilée. Il prend son pied en attendant Courtrai et Milan.

Interview : Xavier THIRION
Van den Brom: «C’est l’Anderlecht dont je rêvais»
johan van den brom ©Belga

Arbitre: M.Vanboekel.

ANDERLECHT: Proto, Gillet, Kouyaté, Nuytinck, Deschacht, Biglia, Kljestan, Praet, Bruno, Jovanovic, Mbokani; Kaminski, Juhasz, Safari, Odoi, Wasilewski, F.Canesin, Molins, Iakovenko, Kanu, De Sutter, Sterckx, Roef, Lukaku.

Absents: Suarez (genou), Cyriac (genou), Reynaldo (genou), Vargas (adducteurs).

Menacé de suspension: Gillet.

COURTRAI: Keet, Martin, Reynaud, Zukanovic, Mulemo, Capon, N’Diaye, De Mets, Oussalah, Dejaegere, Nfor; Pillot, Wijns, Koussalouka, Mitrovic, També, Dupuis,

Kamghain, Carevic.

Absents: Ragolle, Matton, Pavlovic (suspendu).

Menacés de suspension: N’Diaye, Oussalah, De Mets.

John van den Brom, il y a trois semaines, nos questions auraient tourné autour de la crise anderlechtoise…

Avec le recul, la déroute à Charleroi a servi de déclic et a provoqué une remise en question des joueurs et du staff technique. Je m’en sers encore aujourd’hui pour rappeler à mon groupe que tout peut aller très vite en football.

L’Anderlecht actuel est-il celui de vos rêves ?

Oui. L’organisation, le beau football, des joueurs libérés: tout y était dans nos dernières prestations. Nous avons un gardien fantastique, une très bonne défense, un milieu défensif très solide et des attaquants qui défendent, ce qui constitue à mes yeux une grande victoire. Au même titre que l’émotion qu’on offre aux supporters ces dernières semaines. Le football, ça doit avant tout procurer des frissons. Ce qui m’a donné la chair de poule sur le but mondial d’Ibrahimovitch cette semaine, ce n’est pas son retourné acrobatique mais bien sa joie d’avoir marqué un tel goal. De la part d’un joueur qui a tellement d’argent et qui a déjà tout connu, je trouve ça merveilleux.

Le Sporting peut-il encore devenir meilleur ?

La confiance grandissant de match en match, j’en suis convaincu. J’évite de planer et je peux relativiser le 6-1 contre Bruges mais je prends mon pied depuis deux semaines.

Ne redoutez-vous pas l’euphorie, ce dimanche, contre Courtrai ?

L’euphorie est très grande à tous les étages du club mais elle n’est pas un désavantage. Elle doit au contraire nous pousser à confirmer notre forme actuelle contre Courtrai pour que la confiance soit encore plus grande contre Milan.

Outre votre position d’unique leader du championnat, les 1/8es de finale de la C1 ne sont plus une utopie. Quelle serait votre attitude en cas de qualification ?

Je serais saoul (rires). Plus sérieusement, ce n’est pas pour cela que je demanderais six nouveaux joueurs à ma direction en janvier. Toutefois, tant financièrement que sportivement, le mercato hivernal serait nettement plus facile.

Ne regrettez-vous pas d’avoir maintenu Kanu dans l’équipe aussi longtemps ?

Pas du tout ! Dans un système avec deux attaquants, Kanu était l’homme de la situation en milieu de terrain. Il a très bien fait ce que j’attendais de lui (NDLR: il n’a pas tenu à s’épancher sur les problèmes privés rencontrés par le Brésilien). Le 4-3-3 fonctionne très bien actuellement mais je m’interdis de rester figé dans le même schéma tactique.

Milan Jovanovic, un autre gaucher de l’équipe, ne jure que par une position centrale même si vous le placez à gauche en début de rencontre…

Je me fiche des changements de position de Milan en cours de match. Je sais bien qu’il n’est pas un ailier gauche comme Bruno n’est pas un pur ailier droit. Il va où il veut sur le terrain du moment… qu’il est décisif. Or, c’est le cas depuis le début de la saison. A tous les niveaux, Jova est essentiel pour l’équipe.

Vous avez l’art de mettre les vedettes dans votre poche…

Le courant passe très bien avec Jovanovic et avec Mbokani aussi d’ailleurs. Quel que soit leur statut, j’ai toujours privilégié la franchise et les qualités humaines dans mes relations avec les joueurs. Cela dit, si Dieu et Milan sont des joueurs particuliers car ils font la différence, il n’y a aucune vedette à Anderlecht. Seuls des garçons comme Messi sont des vedettes.

Pourquoi n’offrez-vous plus aucun avenir mauve à Roland Juhasz ?

C’est difficile pour lui en ce moment et ça le restera. Le Hongrois n’est pas le type de défenseur avec lequel j’aime jouer. Si je lui préfère Wasyl, même dans l’axe, c’est parce que le Polonais, lui, joue haut et apporte un plus offensivement.

Juhasz partira donc en janvier. Pour le reste, votre priorité pour le prochain mercato sera-t-elle bien un attaquant ?

Oui car Dieumerci Mbokani ne sera pas beaucoup là en début d’année compte tenu de la coupe d’Afrique des Nations. Cela dit, l’arrivée d’un nouveau buteur ne devra pas se faire au détriment de Tom De Sutter.

Quelle est votre plus grande satisfaction depuis votre entrée en fonction au parc Astrid ?

La qualification pour les poules de la Ligue des champions, déterminante pour tout le reste de la saison. Actuellement, je suis surtout très fier de la série de victoires que nous venons de signer et du football dominant que nous développons.

Nourrissez-vous des regrets ?

Aucun ! Il est trop facile, après coup, de se dire qu’on aurait dû agir autrement. C’est de la perte de temps. On peut regretter la perte de nombreux points mais, avec ce fameux système des play-offs que je trouve bizarre, cela n’a pas énormément d’importance. La rotation ne sera toutefois pas de rigueur contre Courtrai à trois jours de recevoir Milan. La fraîcheur est revenue et l’équipe tourne tellement bien que personne n’est prêt à céder sa place.

Vous ne devrez donc pas demander, cette fois, à Lucas Biglia quelle tactique il aimerait adopter ce week-end ?

Cela peut vous paraître étonnant en Belgique mais j’ai toujours demandé à mes joueurs leurs préférences avant de faire des choix tactiques. La communication n’a pas toujours été facile au début avec Lucas Biglia, notamment en raison de la barrière de la langue, mais je ne pourrais pas avoir de meilleur capitaine que lui. Ni de meilleur staff technique d’ailleurs. On forme une équipe.

Vos détracteurs prétendent que vous pourriez quitter Anderlecht du jour au lendemain comme vous l’avez fait avec LaHaye et Vitesse si une belle offre devait vous parvenir…

Le hasard et les circonstances ont voulu que je quitte coup sur coup LaHaye et Vitesse car l’opportunité de viser plus haut s’offrait à moi mais je suis tout sauf un opportuniste ! Je ne repousserais évidemment pas une offre de Barcelone (rires) mais, même si tout peut aller vite en football, je suis bien décidé à travailler sur le long terme à Anderlecht. D’ailleurs, aucune clause dans mon contrat ne stipule que je peux quitter le Sporting sous certaines conditions.

Vous n’en restez pas moins très ambitieux ?

C’est ce qui m’aide à faire des sacrifices comme celui de vivre en Belgique sans mes proches. La distance avec les Pays-Bas n’est pas énorme mais ce n’est pas évident tous les jours pour moi, qui tiens plus que tout à la famille, de vivre éloigné de ma femme, de mes deux filles (17 et 19 ans), de ma mère, de ma sœur et de mes trois frères. Heureusement que les Espoirs jouent souvent le vendredi soir pour m’occuper (rires). Mais attention, je n’ai pas dit que j’étais dépressif. Je suis très bien dans ma peau. ¦