Franck Berrier: «J’aurais dû remplacer Steven Defour au Standard»

En marge de la venue du Standard dimanche à Zulte Waregem, Franck Berrier revient sur son parcours chahuté dans le club liégeois.

C.C.
Franck Berrier: «J’aurais dû remplacer Steven Defour au Standard»
berrier ©Belga

Franck, vous n’allez pas encore nous dire que recevoir le Standard est un match comme les autres.

Je vous jure que si. J’ai tourné la page. Je veux les trois points, mais c’est le cas à chaque match. Et d’autant plus ici que l’on réussit moins bien à domicile qu’en déplacement (13 sur 24 au Gaverbeek pour 16 sur 21 ailleurs). Sans doute parce que notre transition offensive fonctionne mieux à l’extérieur et que les équipes viennent chez nous avec d’autres intentions tactiques depuis qu’on est en haut du classement. Mais il faut que ça s’inverse au deuxième tour, et dès dimanche, c’est important pour le club et les supporters.

Si j’étais fâché samedi soir après le match contre Malines, ce n’était ni sur l’arbitre (nos trois buts annulés l’ont été à juste titre, j’en conviens), ni sur mes équipiers, mais sur des Malinois qui me chambraient, ce que je ne supportais pas après ce qu’ils avaient montré sur le terrain. Avant, je m’énervais un peu trop facilement, cela peut encore m’arriver, la preuve, mais ça ne dure pas, j’ai même bavardé avec Cordaro après le match.

Mais revenons au Standard, vous en êtes la bête noire, à titre personnel c’est vous qui avez inscrit le but de la victoire (0-1) à l’aller pour l’ouverture de la compétition, et de la tête s’il vous plaît. Une belle manière de lancer votre saison…

En effet, ce fut peut-être un déclic, d’entrée. La preuve que le club avait bien transféré, que le groupe était bon. On n’avait rien à perdre, et c’était un nouveau Standard à la recherche d’une équipe. Pour tout vous dire, je veux gagner dimanche, mais je souhaite aux Liégeois de finir dans les play off 1, parce que c’est un club qui le vaut bien (sourire).

Un club qui n’a plus voulu de vous, vous en attribuez la responsabilité à José Riga, Jean-François de Sart ou Roland Duchatelet ?

À la nouvelle direction en général. Ils avaient réalisé des transferts et voulaient qu’ils jouent, quelque part c’est naturel. Mon problème, c’est que Lucien D’Onofrio n’est pas resté. Il croyait en moi, il est venu me chercher alors que j’étais en revalidation. Je m’étais blessé gravement pour la première fois, aux ligaments croisés, j’étais dans le 36e dessous, et lui m’a fait confiance, un signe fort, c’est comme un rêve de gosse qui se réalisait, celui de jouer dans un grand club, et ce rêve-là je l’ai toujours.

J’ai encore dû subir une deuxième intervention à Liège, j’avais été mal opéré lorsque j’étais à Waregem, Guy Namurois a dû me réapprendre à courir comme un athlète, je n’arrivais plus à plier complètement le genou, et je ne m’en rendais même pas compte. Lorsqu’on m’a dit dans le vestiaire qu’il était décédé, alors que nous venions juste de... battre le Standard 4-2, je ne savais plus où j’étais, cet homme m’a tellement apporté, c’est peu dire que j’aurais donné cette victoire et pas mal d’autres pour qu’il vive encore.

Votre transfert avait coûté au Standard un peu moins d’un million d’euros, mais vous êtes retourné à l’envoyeur pour beaucoup moins, quasi une bouchée de pain, la bonne affaire pour Zulte Waregem où il vous reste deux ans et demi de contrat…

Je ne connais pas le montant exact, mais ça s’est fait très vite, en tout cas. J’avais vraiment besoin de jouer, même dans un plus petit club. Lucien D’Onofrio avait compris qu’il me faudrait plus d’un an pour revenir à mon meilleur niveau, il a tout fait pour que je me sente bien. Avec son frère et lui, on pouvait parler. S’il était resté, il comptait sur moi pour remplacer en milieu de terrain Steven Defour, le seul joueur qui serait parti cet été-là, disait-il. C’est dommage. Mais je n’ai que 28 ans, la chance repassera peut-être.

Vous gardez des contacts à Sclessin ?

Avec Laurent (Ciman). On communique toujours, chaque quinzaine. Et je demande des nouvelles de Jelle (Van Damme), un bon gars. Je n’ai pas non plus oublié Luigi (Pieroni) et Aloïs (Nong), mais eux ne sont plus là.¦