À deux mois du Qatar, Les Diables doivent se poser pas mal de questions

Les Diables ont dominé leur voisin, mais n’ont pas réussi à marquer pour la première fois en quatre ans. De Bruyne a râlé et Hazard n’a pas existé. Martinez va devoir trancher quelques dossiers chauds en novembre.

Christophe Franken
À deux mois du Qatar, Les Diables doivent se poser pas mal de questions
©Photo News

On s’est plusieurs fois cru à Tomorrowland dimanche soir à Amsterdam. Avec des maillots psychédéliques aux touches fluo des deux côtés et un DJ shooté aux basse et aux effets de fumée pendant la mi-temps. Mais dès que l’arbitre sifflait le coup d’envoi, l’effet retombait vite. On s’est souvent ennuyé à la Johan Cruyff Arena.

C’est d’abord la faute des Néerlandais. Loin de la flamboyance de l’aller à Bruxelles (1-4), ils ont surtout cherché à annihiler les forces belges. Ils jouaient plus le classement que la préparation au Qatar, en se contentant de défendre et d’essayer de faire mal en contres ou sur phases arrêtées.

Le plan a fonctionné: les Diables ont passé la majorité de la rencontre à aller s’empaler dans la défense oranje. Et les Néerlandais ont même fini par marquer à l’entrée du dernier quart d’heure, sur une tête de leur capitaine Van Dijk suite à un corner. Van Gaal a eu ce qu’il voulait, une fois de plus.

Le prochain Final Four de la Ligue des nations se jouera donc aux Pays-Bas en juin 2023. Les Diables ont essayé de réaliser l’impossible en marquant au moins à trois reprises, mais ils n’ont pas réussi une seule fois. Une triste première depuis la demi-finale du Mondial 2018 contre la France. Soit cinquante matchs.

Les intentions étaient bonnes, mais il manquait les idées. De Bruyne, tenu de très près, n’a pas pu s’exprimer et ça l’a très vite frustré. Il a beaucoup râlé, notamment quand Batshuayi ne comprenait pas ce qu’il attendait. De Ketelaere est monté en pointe à la pause et ça a à peine mieux fonctionné. Pas assez en tout cas pour obtenir beaucoup d’occasions, à l’exception d’une reprise d’Onana après une mise en orbite de KDB et d’un retourné fantastique sur le poteau de Lukebakio à la dernière seconde.

L’autre créateur belge n’a pas eu droit au même traitement de faveur que De Bruyne. Hazard avait plus de liberté et ça veut dire beaucoup. Il n’est plus considéré comme un danger direct par les (grandes) équipes adverses. Tout aurait pu changer s’il avait envoyé au fond le très bon centre d’Onana après quatre petites minutes de jeu, mais il a raté sa frappe. Puis son match. Il est encore sorti à l’heure de jeu (pour Trossard) et sa place de titulaire va être de plus en plus discutée. Le capitaine pourrait-il se transformer en joker au Qatar?

Lukaku a manqué

On ressort de cette soirée avec le sentiment que la Belgique a de meilleurs joueurs que les Pays-Bas, mais qu’ils ont une équipe plus forte que nous. Martinez, depuis la tribune, et Henry, depuis le banc, ont tenté d’équilibrer au mieux le onze des Diables, notamment en plaçant Castagne à gauche pour soulager Vertonghen derrière. Mais au final, il y a plus de questions que de réponses avant le prochain rassemblement. Qui nous emmènera au Mondial.

Il y aura quand même un dernier duel pour se préparer, contre l’Égypte, juste avant de commencer le tournoi en novembre. On ne peut qu’espérer que Lukaku soit là en forme. Que la situation d’Hazard au Real apporte des réponses, dans un sens ou dans l’autre. Et que De Bruyne puisse être plus positif quand ça ne tourne pas aussi bien qu’il le souhaiterait. Peut-être avec le brassard de capitaine au bras.

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