Rencontre avec Pascal Delmoitiez, le super délégué de la RUTB

Samedi au Tivoli, le délégué de la RUTB, Pascal Delmoitiez, reviendra dans la région du Centre, qu’il a quittée l’année passée.

Nathalie DUMONT
Rencontre avec Pascal Delmoitiez, le super délégué de la RUTB
Pascal Delmoitiez sur son nouveau terrain de jeu, un stade bien plus grand que ce qu’il avait connu jusqu’à présent. ©Dumont

Samedi soir, la réception de Tubize-Braine au Tivoli, pour ce qui sera la deuxième tentative de la RAAL de s’emparer du titre en D2 ACFF, permettra à Pascal Delmoitiez de revenir dans la région du Centre le temps d’un match. Délégué du Stade Brainois pendant un demi-siècle, il a suivi l’année passée le mouvement lorsque les Ptits Blancs ont fusionné avec les voisins de Tubize, passant du coup la frontière provinciale.

Du Sans Fond au Leburton

Fidèle aux Ptits Blancs pendant toutes ces décennies, cet amoureux du ballon rond a vu son univers changer en un rien de temps, passant du modeste Sans Fond au Stade Leburton qui a connu la D1. "C’est vrai que c’est un tout autre monde, s’enthousiasme-t-il. À mon âge, c’est dingue de vivre ça car on ne peut pas oublier 50 ans de vie dans un club. C’est un plus grand stade, le terrain est plus grand, ce sont d’autres couleurs, une division supérieure, d’autres ambitions. Mais d’un autre côté, ce n’est pas comme si j’avais quitté le Stade Brainois. J’ai juste suivi les envies de la direction."

Sa passion et son dévouement, il les met désormais au service de ses nouvelles couleurs, passant des Ptits Blancs aux Sang et Or. Mais pour ce Brainois retraité, c’est tout une organisation qui a aussi changé. Pas seulement le cadre de travail. "La différence est énorme. Les vestiaires sont plus grands, j’ai un local pour moi et Grégoire Tresnie, l’autre délégué. Autre changement aussi, au Sans Fond, il fallait une épuisette pour essayer de récupérer le ballon alors qu’à Tubize, il revient quasiment tout seul, rigole-t-il. Tout est aussi bien organisé, on sent que le club a connu la D1. Par exemple, lors du premier match amical, on m’a demandé d’aller chercher les boissons pour les arbitres. J’ai demandé où je pouvais les trouver. On m’a répondu de prendre l’ascenseur. Évidemment, à Braine-le-Comte, il n’y avait pas d’ascenseur."

Le super délégué n’arrive toutefois pas les mains dans les poches les jours de matches même si le personnel est plus étoffé désormais. "Par la force des choses, on est donc plus proche des joueurs. Avec mon collègue, il était hors de question de prendre la place de l’autre quand on a mis l’équipe en place. On se partage les tâches. Et puis, on fait du covoiturage. Avant, j’allais à pied au stade. Ce n’est plus possible et ce n’est pas à mon âge que je vais passer mon permis (rires). Maintenant, avec l’équipe, on fait les déplacements en car, le matériel est déjà prêt et bourré dans le véhicule par les responsables quand j’arrive. Avant, je prenais deux sacs et j’avais peur de perdre une chaussette (rires). C’est la même chose avec les maillots. Au Stade Brainois, le lundi, j’allais au lavoir et je les ramenais au stade ensuite. Maintenant, je ne dois plus m’en occuper. Tout est réglé. Ici, je ne suis qu’une pièce dans un édifice, je veux aider le club comme je l’ai fait pendant des années à Braine."

Ce changement, Pascal Delmoitiez, dont le fils Youri est membre du groupe The Stanfords, le prend avec philosophie et continue à suivre ses nouvelles couleurs. En D2 ACFF. "On sent que c’est d’office une autre division que la D3, lance-t-il. Les arbitres, c’est un autre protocole, l’éclairage, les autres équipes arrivent aussi plus tôt. Et on a aussi un car de supporters qui nous suit. À Waremme, ils étaient 37! On sent que Tubize a connu le haut niveau. Mais je ne suis pas arrivé dans l’inconnu non plus. Je connaissais pas mal de monde comme Michel Lekime par exemple et d’autres. Et j’ai suivi la direction brainoise. Je n’étais pas seul."

Une grande affiche samedi

Après le Stade Brainois, c’est à Tubize qu’il s’épanouit. Mais ce samedi, il sera content de retraverser la frontière pour revenir dans une région qu’il connaît à la perfection. "C’est vrai que le Hainaut et la région du Centre me manquent. Les amis, les figures emblématiques que je pouvais croiser me manquent. Et aussi l’ambiance de derby contre Soignes, ces esprits de clocher qui alimentaient l’atmosphère du foot régional."

Si depuis cette saison, il est délégué de l’équipe de D2 ACFF qui joue à Tubize, la RUTB a aussi un team qui évolue à Braine-le-Comte en P1 Brabant. "Je ne suis jamais retourné au Sans Fond, souffle-t-il. Sentimentalement, c’est compliqué pour moi. Dans ma vie, je n’ai raté que quatre matches du Stade Brainois dont un parce que Roberto Martinez visitait mon exposition Foot Fair-Play. Je n’ai pas envie de choisir entre Ptits Blancs et Sang et Or, j’ai juste suivi. Mais je suis très attaché au Stade brainois, je n’oublierai jamais."

Si l’équipe est en lice pour disputer le tour final et la montée en N1, Pascal Delmoitiez a toutefois un petit regret. "C’est de voir que les supporters brainois n’ont pas vraiment suivi le projet, se désole-t-il. Il faudrait que le public brainois revienne. J’avais déjà connu ça à l’époque de la fusion entre l’Amicale de Braine et l’Union. Les supporters avaient dit qu’ils ne viendraient pas et on avait tout de même eu du monde."

Samedi, ce ne sera pas juste le retour de Thierry Hazard dans un Tivoli qu’il a bien connu dans sa carrière, ce sera surtout l’occasion d’une grande affiche. "On pourrait facilement avoir entre 3000 et 4000 personnes", s’impatiente le Brainois.