VIDÉO | Les ultras du PSG, "écœurés", crient leur désamour et sifflent Messi

"De moins en moins amoureux du club": comme ce supporter "écœuré" par le PSG, de nombreux fans présents au match contre Bordeaux (3-0) ont fait part dimanche de leur dépit après la nouvelle désillusion européenne subie mercredi, sifflant même certaines stars comme Lionel Messi.

Afp
VIDÉO | Les ultras du PSG, "écœurés", crient leur désamour et sifflent Messi

Atmosphère pesante autour du Parc des Princes, où nombre de supporters avaient encore en tête l'humiliation en huitième de finale retour de Ligue des champions face au Real Madrid (1-0, 1-3), énième déception dans la quête d'un premier sacre européen.

Lucas Musitelli, manager de 25 ans, s'avoue d'ailleurs "de moins en moins amoureux du club", qu'il soutient depuis 2005. Vêtu d'un maillot du PSG, il assure n'avoir plus trop d'espoir pour une victoire parisienne en Ligue des champions dans un avenir proche et se dit "écœuré".

Contre Bordeaux, il est seulement venu au stade car il a eu "des places en loge grâce à (son) entreprise", sinon il ne se serait pas déplacé.

Amertume

Même amertume pour Jean-Pierre de Souza, conducteur de travaux de 47 ans, "très déçu du résultat en Ligue des champions".

Ce supporter de longue date, amoureux du club depuis ses six ans et vêtu d'un maillot parisien, assure qu'il "reste supporter du club dans la victoire comme dans la défaite".

Mais il appelle à des changements dans la direction du club et sa politique sportive, qu'il juge trop tournée vers les stars et pas assez vers le football.

"Acheter des joueurs qui mouillent le maillot c'est mieux", lance-t-il. "Certains joueurs n'ont plus leur place aujourd'hui (...) Messi, Neymar, par exemple, c'est bien pour le spectacle mais pas pour le jeu."

D'ailleurs, seul Kylian Mbappé, irréprochable face au Real Madrid, n'a pas été sifflé à l'annonce des équipes. Les broncas les plus fortes ont été adressées à Neymar et Lionel Messi, qui ont ensuite été conspués lorsqu'ils touchaient le ballon.

Pour Lucas Musitelli, c'est la répétition des effondrements européens sous l'ère du fonds qatarien QSI (depuis 2011) qui fait le plus mal, après la "remontada" contre Barcelone en 2017 ou le "come-back" de Manchester United en 2019.

"On n'a jamais tiré profit de notre expérience de 11 ans en Coupe d'Europe, on ne s'est pas remis en question après les remontadas", soupire-t-il.

"Démission"

Un avis partagé par Malik, 32 ans, ultra parisien abonné depuis dix ans au Parc et qui ne souhaite pas donner son nom: "Toutes les saisons se répètent. Là le Real c'était l'équipe la plus vieillissante à affronter, on devait passer", assène ce responsable logistique, qui se dit "déçu et dégoûté".

Pour beaucoup de supporters, il faut changer l'organigramme du club, en particulier le directeur sportif Leonardo.

Samedi, les supporters ultras du PSG ont appelé samedi la direction parisienne à la "démission", une première depuis l'arrivée des propriétaires qatariens, un mot d'ordre repris sur une banderole dimanche.

La tribune Auteuil, où prennent place les supporters les plus fervents, n'était que partiellement remplie au coup d'envoi. Les supporters ont fini par prendre leur place après une dizaine de minutes de jeu, et la tribune s'est ensuite partiellement vidée au fil du match.

Lucas Van Bouchotte, agent de production de 21 ans, était présent côté Auteuil et les consignes étaient les suivantes: "On siffle tout le monde sauf Mbappé".

Cette tribune a aussi entonné un chant insultant, détournant le traditionnel "Allez Paris Saint-Germain" sur l'air de "Go West", des Pet Shop Boys, en: "Allez vous faire..."

Lucas Van Bouchotte a scandé ces paroles-là. "J'insulte les joueurs mais pas mon club parce que nous on subit, parce qu'ils font de la m..., tout simplement", a-t-il dit. "Certains joueurs ne devraient plus être là."

Dans cette atmosphère tendue, le PSG a facilement disposé du dernier du classement, Bordeaux, 3-0 avec des buts de Mbappé, Neymar et Paredes. Mais au moment de son but, la star brésilienne a été copieusement huée, signe que la réconciliation prendra du temps.