Ça a marqué la décennie: 2018, Banneux et Sprimont ne font alors plus qu’un

Depuis la saison 2018-2019, Banneux a décidé de lier sa destinée à celle du voisin sprimontois pour former un nouveau club.

Jean-Philippe Hendrikx
Ça a marqué la décennie: 2018, Banneux et Sprimont ne font alors plus qu’un
Depuis 2018, place au RFC Banneux Sprimont. ©ÉdA JR Marot

«Début de saison, après 28 ans de présence au club, j'ai dit à mon comité que je voulais changer mon fusil d'épaule. Personne au sein du conseil d'administration ne voulant reprendre mon rôle de président, je devais trouver une autre solution. Je connais Marc Leruth et j'ai pris contact avec lui fin novembre», expliquait, au moment de l'annonce officielle de la fusion, le président sprimontois de l'époque Vincent Prégardien. Nous sommes le 7 mars 2018, le Royal Football Comblain Banneux Sprimont vient officiellement de voir le jour.

Du côté banneutois, cet appel du pied sprimontois a été vu de façon positive. «À ce moment-là, nous étions en pleine réflexion concernant notre site et les rénovations à y apporter. Cette demande arrangeait un peu tout le monde», explique le CQ Marc Leruth. «Sprimont, de son côté, dispose de belles installations et on a donc choisi le plus économique. Et puis, au niveau des jeunes, on débordait complètement. C'était donc un choix réfléchi de quitter notre petite infrastructure pour une autre un peu moins amateur. En unissant deux clubs très sains, on a pris la bonne décision. La nouvelle structure n'a plus rien à voir avec l'ancien Sprimont. Ces deux premières saisons ont été placées sous le signe du calcul et de la rentabilité. Nous suivons une politique beaucoup moins onéreuse.»

Certains avancent que Banneux a disparu du paysage footballistique régional, ou encore qu'il a été absorbé par son voisin. Marc Leruth, de son côté, n'est pas de cet avis. «Le fait que ce soit souvent le nom de Sprimont qui sort, c'est dans la logique footballistique puisque ce dernier est mieux connu. C'est aussi la presse qui se limite à ce seul Sprimont. Le nom du club est pourtant RFC Banneux Sprimont. Mais pour moi, ce n'est pas une chose importante. Je rappelle que nous sommes représentés de manière égale dans le comité. C'est une fusion, pas une absorption.»

Un bilan «moyen»

Après presque trois années d'existence, quel bilan le club fusionné peut-il tirer? «Je dirais qu'il est moyen. C'est positif pour certaines choses, et négatif pour d'autres. Ce qui est sûr, par contre, c'est que je ne regrette pas le choix qu'on a opéré. Il avait été bien réfléchi avec le président Depreay», conclut le dirigeant du Royal Football Comblain Banneux Sprimont.

 Jacques Dodémont connaît bien à la fois Banneux et Sprimont.
Jacques Dodémont connaît bien à la fois Banneux et Sprimont. ©ÉdA

Qui mieux que Jacques Dodémont peut nous donner un avis pertinent sur cette fusion? L'ancien mentor, qui réside entre les deux entités, à Louveigné, a passé deux saisons à Sprimont puis quatre à Banneux. Le renouveau sportif de ce dernier, c'est en (grande) partie grâce lui. En P4 au moment de son arrivée, il a propulsé le club deux échelons plus haut. «Concernant cette fusion, je ne suis malheureusement pas très bien placé pour en parler. J'ai suivi cela de très loin», précise-t-il. «Je trouve très compliqué pour un club de conserver une équipe en D3 Amateur et une autre en P1. D'après les on-dit, ce serait un peu deux clubs en un. Je pense que Banneux devait continuer avec sa P1 et Sprimont avec sa D3.»

Dans une fusion, on a souvent l'impression qu'une des entités y trouve mieux son compte que l'autre. Si d'aucuns pensent à Sprimont, Maître Jacques nuance. «Pour moi, aucun des deux. La base d'une fusion, c'est de se rapprocher et de rassembler les forces vives. Ici, c'est tout le contraire qui se passe. Avec trois sites, c'est fort dispersé. Puis il faut marier les mentalités, ce qui n'est pas toujours simple. Il avait déjà fallu le faire avec Sprimont et Comblain, et voilà qu'on y rajoute celle de Banneux.»

Vite dit

Deux

L’histoire retiendra que Banneux a dû attendre son 90 anniversaire pour enfin évoluer en première provinciale. Au terme des deux saisons passées à ce niveau – qui sont également les deux dernières de son existence, l’équipe a chaque fois terminé à une très belle 4 place.

Terrain

Si l’équipe A (D3 Amateur) joue dans le stade du Tultay, celle de P1 évolue dans les anciennes installations de Banneux.

Tribune

Depuis février 2020, ces dernières disposent d’une toute nouvelle tribune. Construite entièrement en bois, elle dispose de 70 places assises, directement taillées dans des demi-troncs d’arbres. Malheureusement, crise Covid oblige, elle n’a pas vu beaucoup de spectateurs s’y asseoir.

Jeunes

Au moment de la fusion, les 60 jeunes évoluant à Banneux sont venus s’ajouter aux 250 déjà inscrits à Sprimont. Le club dispose actuellement du label national 3*.

Rescapé

De la dernière équipe banneutoise, il ne reste qu’un seul rescapé: Mamadou Fall. L’emblématique capitaine a pour rôle d’encadrer les jeunes pousses évoluant avec l’équipe B.