Thierry Wanet, le président atypique de Wanze/Bas-Oha

Il n’assiste à aucun match de ses couleurs préférées. Cela ne l’empêche pas de gérer, en bon père de famille et bien épaulé, son club.

Thierry Wanet, le président atypique de Wanze/Bas-Oha
Thierry Wanet devant son cabinet situé à Moha. ©Heymans
David Dessouroux

Ils sont rares les présidents de clubs de football qui n'assistent jamais à une rencontre de leurs couleurs. Le Mohatois Thierry Wanet est à ranger dans cette catégorie de «présidents discrets». «Du temps de Bas-Oha, et ce au moins pendant dix ans, je travaillais le samedi et j'étais au foot le dimanche. Ma famille ne me voyait pratiquement pas, confie ce père de cinq enfants, médecin généraliste de profession. Quand vous vivez un match de l'intérieur, avec toutes ses émotions, c'est non seulement parlant très fort émotionnellement, mais aussi chronophage. Vous ne prenez dès lors pas toujours les bonnes décisions quand vous êtes trop dans l'affect.» C'est un choix: Thierry Wanet a décidé de prendre du recul avec les matchs de la Royale Entente Sportive Wanze/Bas-Oha, du nom donné en 2013 au club qui allait naître de la fusion entre la RJS Bas-Oha et Wanze Sports. « C'était un mariage de raison et non d'amour ou de passion, confie aujourd'hui Thierry Wanet. À ce moment-là, c'était un peu la Bérézina: Bas-Oha descendait de P1 en P2 et Wanze Sports évoluait en P3. Il n'y avait plus aucune assistance, plus de contacts entre les deux comités, sans parler que le comité des jeunes allait à vau-l'eau. La fusion était inévitable. On devait dépenser trop d'énergie et on n'avait plus assez de moyens au sein de chaque club. Assez bizarrement, c'est Wanze Sports qui avait encore plus les moyens de s'en sortir que Bas-Oha, qui vivait toujours en se disant qu'il était le club phare de la commune. À l'époque, je me souviens d'une discussion que j'ai eue avec Michel Manne, aujourd'hui notre président d'honneur, qui voulait que le club s'appelle Bas-Oha/Wanze, rajoute celui qui a été président de la RJS Bas-Oha durant 22 ans, et dont le papa Alfred, décédé en 2019 à l'âge de 88 ans, avait lui-même été président du club durant une dizaine d'années. Quand j'étais gamin et que mon père était dans le conseil d'administration de Bas-Oha, le club évoluait en P2. Avant de monter en Division 3 et d'y rester quatre ans (NDLR: de 1974 à 1978) puis encore des années en Promotion. Mais ce n'était plus le temps du Bas-Oha d'avant, il fallait d'autres moyens, des synergies encore plus importantes avec la Commune, et surtout une plus grande transparence financière si on voulait bénéficier d'aides publiques. Bas-Oha devait se refaire une seconde jeunesse, prendre un nouveau départ et repartir avec de nouvelles ambitions. La fusion aurait pu être un fiasco total, car ce n'est pas parce que vous avez les bonnes opportunités que cela marche forcément. Mais ici, la qualité des gens a fait le succès de cette fusion.»