Subsides aux équipements sportifs: La Louvière s’étonne de la priorité donnée à la RAAL

1,2 million€ pour l’école de jeunes d’un nouveau club et rien pour l’ancien RFC Étincelle Maurage aux infrastructures proche de la ruine. Le collège communal louviérois s’étonne des priorités du gouvernement wallon.

U.P.
Subsides aux équipements sportifs: La Louvière s’étonne de la priorité donnée à la RAAL
La RAAL La Louvière, deux ans d’existence, décroche 1,2 million€ de subsides wallons. L’Étincelle de Maurage et ses vétustes installations, rien. ©Ugo PETROPOULOS

Vendredi dernier, nous vous annoncions que le complexe sportif Saint-Julien de Strépy-Bracquegnies, occupé par la RAAL, allait être doté d’un troisième terrain synthétique et de plusieurs aménagements grâce au soutien de la Wallonie.

La ministre des infrastructures sportives a dégagé un subside d’1,2 million€ au bénéfice de la RAAL Services, ASBL liée au club de football de la RAAL, pour effectuer ces travaux dans le cadre de la construction d’une école de jeunes, la «Wolves Academy».

+ 1,2 million€ pour la « Wolves Academy » de la RAAL

A priori, une très bonne nouvelle pour le football louviérois… sauf que du côté des autorités communales, on est assez étonné, voire stupéfait des priorités de la Région wallonne.

«S'il se réjouit du soutien de la Wallonie pour le sport à La Louvière, il s'interroge sur la motivation du choix du projet à soutenir», explique le collège communal dans un communiqué.

Pas un choix dicté par l’urgence

En effet, le collège communal se bat depuis la précédente mandature pour obtenir un financement régional pour le Royal Football Club Étincelle Maurage. Alors que les installations présentent «un état de vétusté important», le collège constate que «plus de 1,2 million€ de moyens publics seraient investis au profit de l'ASBL RAAL Services, constituée le 8 juillet 2018 et inconnue des Autorités communales, dans les installations de Strépy-Bracquegnies (Saint-Julien).»

S'il ne remet pas en question les aménagements qui seraient opérés à Saint-Julien, le collège estime que lorsque les moyens publics sont limités, «les choix doivent s'opérer en privilégiant les situations les plus urgentes.»

Et pour l'exécutif communal, entre Saint-Julien clôturé aux frais de la ville et mis gratuitement à disposition de la RAAL, où des vestiaires (provisoires) ont été installés, et le RFCE Maurage qui évolue sur un site privé, mis à disposition de la Ville et rétrocédé au club et aux installations «complètement dévastées par le temps», le choix devrait être vite fait.

«Les vestiaires ont plus de 40 ans, et n'offrent aucun confort, les tribunes sont à découvert et l'électricité défaillante», précise encore le collège. Et pourtant, rien de la part de la Région wallonne.

Règlement de comptes?

«Comment expliquer cette priorisation entre des projets, sans concertation d’aucune sorte avec les autorités communales, sans tenir compte du projet défendu par celle-ci, et en privilégiant un projet privé inconnu jusqu’alors?»

Au détour d'un paragraphe, le collège communal rappelle que le président du club de Maurage s'appelle Jonathan Christiaens, conseiller communal qui quitta le groupe MR après les élections d'octobre, groupe dont le chef de file, Olivier Destrebecq, est député wallon. Le collège «n'ose imaginer» que cette décision «ne soit à l'origine de cette orientation budgétaire, et pourtant.»

Pour ce qui est des installations du RFCE Maurage, il est difficilement envisageable pour le Collège de laisser évoluer les affiliés dans les conditions actuelles. Il a donc pris la décision de porter le débat en séance du Conseil communal afin qu’il se positionne sur le financement des installations du RFCE Maurage sur fonds propres.