VIDÉOS | L’histoire atypique de Jaime Mata, l’attaquant gratuit de la Roja

Jaime Mata est une anomalie: appelé pour la première fois en équipe d’Espagne, l’attaquant trentenaire de Getafe jouait encore en deuxième division l’an dernier.

VIDÉOS | L’histoire atypique de Jaime Mata, l’attaquant gratuit de la Roja

Et à l’heure du foot-business, cet avant-centre au parcours atypique n’a jamais fait l’objet d’un transfert payant!

Passé par toutes les divisions inférieures du football espagnol, Mata a connu une maturation lente, singulière, loin des centres de formation des grands clubs espagnols. Jusqu’à être convoqué en sélection pour affronter la Norvège samedi et Malte mardi en qualifications pour l’Euro-2020.

Pourtant, malgré les aléas de la vie de footballeur semi-professionnel, les déplacements inconfortables et les problèmes d’argent, le natif de Madrid (30 ans) n’a jamais perdu de vue son rêve: la première division, qu’il découvre cette saison avec Getafe, et les joutes internationales avec la «Roja».

«C’est une joie immense, je suis très reconnaissant de l’opportunité qu’on m’a donnée», a réagi Mata, incrédule.

«Il y a huit mois, quand j’étais à Valladolid, je n’aurais jamais pensé dans mes rêves les plus fous que huit mois plus tard, je marquerais des buts en première division et je serais convoqué par la sélection», a-t-il ajouté. «C’est la récompense de toutes ces années d’effort et d’implication.»

En caleçon face aux impayés

Son parcours a été tout sauf rectiligne, enchaînant les clubs modestes en Castille ou en Catalogne: Pegaso, réserve du Rayo Vallecano, Socuellamos, Mostoles, Lleida, Gérone, Valladolid et enfin Getafe… À chaque fois, l’attaquant a changé de club en étant libre, sans le moindre euro déboursé par sa nouvelle équipe.

Et la seule fois où il avait fait les gros titres des médias nationaux et internationaux, c’était en 2009-2010.

À l’époque, en pleine crise économique en Espagne, les footballeurs professionnels et semi-professionnels étaient régulièrement confrontés à des arriérés de salaires. Avec ses partenaires du Galactico Pegaso, dans la banlieue de Madrid, Mata avait posé en caleçon, short baissé sur la pelouse, pour protester contre les impayés. Une vie de forçat des terrains, très loin du glamour de la Liga.

Mais cet attaquant élancé (1,85 m, 79 kg) n’a jamais désarmé, gravissant les échelons peu à peu. Troisième division jusqu’en 2015, puis deuxième division jusqu’en 2018. Et son titre de meilleur buteur de D2 la saison dernière (35 buts avec Valladolid) a fini par lui valoir une opportunité dans l’élite.

«Un grand potentiel»

Qu’il a su saisir: avec déjà 13 buts inscrits pour sa première saison de Liga, Mata n’est pas étranger à l’excellente campagne de Getafe, 4e du classement et en lice pour les places européennes.

«Sa convocation est une nouvelle incroyable, fantastique, je me réjouis vraiment pour ce garçon. Il le mérite», s’est réjoui son entraîneur à Getafe, Pepe Bordalas.

«C’est un garçon qui a travaillé très dur et cela veut dire beaucoup pour moi. Je dis souvent à mes joueurs que les objectifs sont ceux qu’on se fixe soi-même. C’est un garçon intelligent, professionnel et très bon camarade.»

C’est ce qui lui a permis de taper dans l’œil du sélectionneur espagnol Luis Enrique, à un poste d’avant-centre où la «Roja» est confrontée à une pénurie chronique.

«C’est l’un des joueurs les plus en forme, l’un des attaquants qui se débrouillent le mieux en termes de buts, de qualités techniques, footballistiques, d’attitude», a relevé le sélectionneur. «Je lui trouve un grand potentiel et je voudrais le voir au travail avec la sélection.»

Évidemment, le nouveau venu sera confronté à une rude concurrence au poste d’avant-centre avec des joueurs du calibre d’Alvaro Morata (Atlético Madrid) et Rodrigo Moreno (Valence), deux habitués de la Ligue des champions et de la sélection. Mais qui peut rivaliser avec la ténacité de Jaime Mata?

 Cette saison, Mata a inscrit quinze buts et délivré six passes décisives en 29 rencontres.

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