Ces «frères de» qui tentent de se faire un prénom dans le foot de nos divisions inférieures

Ils s’appellent Aimar, Aurier, Kompany ou encore Van Buyten: footballeurs de nos régions, ils sont les frères de joueurs célèbres et évoluent dans l’anonymat des divisions inférieures belges.

Romain Veys
rédactions locales
Ces «frères de» qui tentent de se faire un prénom dans le foot de nos divisions inférieures
Andrès est le frère d’une ancienne pépite du football argentin. Il a foulé les pelouses boueuses de D3 durant quelques mois à peine avant de rentrer au pays. ©Capture d’écran

Le football belge peut se targuer d’avoir déjà vu de nombreux «noms» passer par ses pelouses. Mais si les vedettes de la Pro League se nomment aujourd’hui Teodorczyk, Tielemans, Izquierdo, Vormer ou encore Belfodil, on retrouve aussi plus bas dans la hiérarchie des noms de stars comme Aurier, Kondogbia, Mbami, Cabaye ou encore Aimar.

Et s’il ne s’agit évidemment pas des stars internationales qui font ou ont fait le bonheur de clubs comme le PSG, l’Inter de Milan, l’OM, Newcastle ou Benfica, ces homonymes tentent de se faire un prénom dans le football belge, dans l’ombre de leurs… frangins!

En effet, lorsque l’on gratte un peu et que l’on épluche les feuilles de match des divisions régionales, on dégote parfois des frères de joueurs célèbres qui tentent de faire leurs preuves et de démontrer leurs qualités sur nos terrains, parfois aux antipodes des conditions d’entraînement et de match que connaissent leurs illustres parents.

Christopher Aurier.
Christopher Aurier. ©ÉdA

Le dernier arrivé en date, c'est Christopher Aurier. Il est en effet le frère de Serge, international ivoirien du Paris Saint-Germain et, accessoirement, concurrent de Thomas Meunier au poste d'arrière-droit. fraîchement débarqué à Rebecq (D3 Amateurs), le joueur ne semble pas souffrir de l'évidente comparaison qui naît dans les conversations de buvettes à la simple évocation de ce lien de parenté: «Mais il n'y a pas de problème à être le frère d'une star», précisait récemment l'intéressé. «Au contraire, j'en suis fier! Ce n'est ni un passe-droit, ni une plaie: je suis ma trajectoire, de mon côté.»

+ POUR NOS ABONNÉS | L'interview de Christopher Aurier : « Pas de problème à être le frère d'une star »

Christopher Aurier n’est, évidemment, pas le seul «frère de» à fouler chaque dimanche les pelouses des divisions inférieures belges.

Ils sont nombreux et nous en avons recensé quelques-uns des plus illustres sur les dernières années…

Frères de Diables

François Kompany (contre Tubize).
François Kompany (contre Tubize). ©BELGA

François Kompany est le frère de «Vince The Prince». Actif en D1B du côté de Roulers, il est notamment passé par Seraing, Alost, Saint-Nicolas ou encore le Brussels au sein des divisions nationales belges de second ordre. Il a même connu l’Angleterre, à Macclesfield Town, pensionnaire alors de Ligue Two (4e division anglaise), mais où François n’a connu que le banc à cinq reprises.

Le frangin de Vincent n'est pas le seul frère de Diable rouge célèbre. S'il a quitté aujourd'hui les pelouses de D2 nationale pour la Hongrie, Kylian Hazard tente lui aussi de se faire un prénom dans l'ombre non pas d'un, mais de deux frères célèbres: Eden et Thorgan. Après quelques apparitions sous le maillot du White Star et comptant même une minute de jeu en D1 à son actif lorsqu'il cirait le banc à Zulte Waregem, le cadet de la fratrie s'est aujourd'hui imposé comme titulaire au club d'Ujpest de Budapest.

Parti cet été rejoindre son frère à Crystal Palace, où il évolue avec l'équipe des U23, Jonathan Benteke, le frangin de Christian, avait disputé une saison en D2 à Visé avant de prendre la direction de Zulte Waregem en Pro League.

+ ARCHIVE | Jonathan Benteke : « Mon frère avant d'être un exemple » (en 2014)

Toujours au rayon des frères de Diables rouges, on retrouve Alain Van Buyten, frère de l'actuel dirigeant du Standard, passé par l'OM et le Bayern lorsqu'il était joueur. En juillet dernier, l'aîné de Daniel rempilait pour une troisième saison au sein du club d'Erpion en P2C hennuyère, après avoir longtemps évolué à Spy (P1 namuroise).

+ ARCHIVE | Alain Van Buyten, le frère de Big Dan : « Il n'y a pas de jalousie » (en 2014)

Sébastien Grégoire
Sébastien Grégoire ©Masson

S'ils ont laissé une trace sans doute moins indélébile que les trois précités dans l'histoire de notre équipe nationale, Christophe Grégoire et Luigi Pieroni ont eux aussi porté un jour le maillot des Diables. Et autre point commun: ils ont tous les deux un frère qui a pour habitude de faire trembler les filets des divisions provinciales liégeoises. Auteur de huit réalisations depuis le début de la saison, Sébastien Grégoire anime l'attaque de la JS Fizoise (P1 liégeoise) après avoir fait les beaux jours, notamment, du RCS Verlaine. À quelques kilomètres de là, Fabrice Pieroni, de quatre ans l'aîné de celui qui fut meilleur buteur de D1 lors de la saison 2003-2004, a eu lui moins de chance puisque, souffrant des adducteurs en début de saison, il n'a pris part qu'à une rencontre de championnat avec Faimes (P3 liégeoise) cette saison avant de stopper sa carrière. Avant cela, l'aîné des Pieroni s'était taillé une solide réputation de buteur à Pontisse, Ougrée ou encore Oreye.

International vietnamien et «don de Dieu»

Parfois, certains d’entre eux, à l’instar de Christopher Aurier, avaient à la base moins de chance que d’autres de faire parler d’eux en Belgique, puisqu’ils sont de nationalité étrangère.

Evans Kondogbia ici sous le maillot du RFC Liège.
Evans Kondogbia ici sous le maillot du RFC Liège. ©Fred Moisse

C'est par exemple le cas d'Evans Kondogbia. De nationalité centrafricaine, le citoyen de Nemours s'est fait connaître chez nous lorsqu'il évoluait au RRC Hamoir (Promotion). Auteur d'une bonne saison, le frère de l'international français Geoffrey Kondogbia passait ensuite par Sprimont et le RFC Liège avant de tenter sa chance, en vain, au Sporting de Charleroi. Aujourd'hui actif en Serie D italienne (équivalent de la 4e division), il continue de suivre son frère avec qui, en 2015, il a été transféré à l'Inter de Milan (mais où il n'a jamais joué).

Actif en CFA du côté de Wasquehal, Geoffrey Cabaye, le frère de l'international français Yohan Cabaye (Crystal Palace et ex-Newcastle, Lille et PSG), a évolué le temps d'une saison en D3 belge, plus précisément à Tournai. C'était en 2013-2014. Pour l'anecdote, Geoffrey a lui aussi failli être international… au Vietnam! Leur grand-mère étant d'origine vietnamienne, le frère de Yohan avait reçu en 2012 une invitation de la fédération à disputer un match amical face à la Slovaquie…

Et puis il y a aussi ceux qui n'ont jamais percé chez nous. Comme Serge Mbami. Passé en 2008 par l'Excelsior de Virton en provenance de la réserve de Sedan, le frère de l'international camerounais Modeste Mbami n'a jamais eu la chance de disputer la moindre minute sous le maillot gaumais. Six mois après son arrivée, il délaissait le stade Yvan Georges pour retomber dans l'anonymat des divisions inférieures françaises.

Plus illustre encore, le cas d'Andrès Aimar, frère de la pépite argentine Pablo Aimar, qui a joué quelques mois à l'UR Namur. Alors que les Merles évoluaient en D3, le président Baudart avait organisé une conférence de presse de fin de mercato hivernal afin de présenter les renforts. Arrivé au frère de Pablo, le président avait alors déclaré: «Notre dernière recrue n'est pas un transfert, c'est un don de Dieu»… Trois mois plus tard, frigorifié, celui qui n'avait encore jamais vu la neige avant d'arriver chez nous repartait pour son Argentine natale et le Belgrano de Cordoba.

Mais Andrès Aimar n'est pas le seul frère d'un international argentin à avoir évolué chez nous puisque Esteban Solari, le frère de Santiago, alors star du Real, avait posé ses valises au Lierse, lorsque les Palletiers évoluaient encore en D1. Aujourd'hui au SD Aucas, club de D1 équatorienne, celui qui avait inscrit 5 buts en 18 apparitions sous le maillot lierrois a connu ensuite la Ligue des Champions avec le club du Apoel Nicosie avant d'émigrer en Israël, puis en Chine.

Des «frères de» par dizaines

Jonathan Moris
Jonathan Moris ©ÉdA / Golinveaux

Plus proche de nous, Jonathan Moris, le frère de l'actuel portier international luxembourgeois, Anthony, évolue à Habay-la-Neuve, club qui milite en 1re provinciale luxembourgeoise. Mais Jonathan Moris n'est pas le seul dans le cas au sein de cette division puisqu'on retrouve également le Champlonnais Pierre-Antoine François, frère de Guillaume François (Beerschot, ex-Mouscron et Charleroi), tandis que le troisième membre de la fratrie, Maximillien François, évolue dans le club voisin de Tenneville, en P2C.

On pourrait bien sûr en citer des dizaines et des dizaines d’autres. Certains ayant réussi dans le foot régional belge, d’autres l’ayant traversé sans y laisser de trace impérissable. Y compris en Flandre où les exemples sont là aussi très nombreux.