Argentine - Belgique 1982: «On ne voulait pas ramasser un 5-0»

Mondial 1982. Les Diables affrontent le championdu monde argentin en match d’ouverture…et s’imposent, contre toute attente.

Argentine - Belgique 1982: «On ne voulait pas ramasser un 5-0»
CHEERING BELGIUM WORLD CUP 1982 ©IMAGO

David contre Goliath: c'est la trame de ce premier Belgique-Argentine de l'histoire. Absents des Mondiaux 74 et 78, les Belges débarquent en 1982 dans la fournaise espagnole du Nou Camp avec la périlleuse mission d'affronter le champion du monde argentin en match d'ouverture. Même s'ils ont été finalistes du dernier Euro, à domicile, ça met la pression. «Forcément, tout le monde s'attendait à une victoire argentine, se souvient Guy Vandersmissen, qui, à 24 ans, fêtait ce jour-là sa première sélection. Nous, on était concentré à fond sur ce match d'ouverture, en ne pensant pas trop à ceux qui allaient suivre contre le Salvador et la Hongrie. On n'avait rien à perdre… en fait si: notre réputation. On ne voulait pas ramasser un 5-0. Je me rappelle du couloir, dans le stade, avant de monter sur la pelouse. Nous, on était tous très sérieux. Les Argentins, eux, rigolaient. Ils étaient assez relaxs et ne s'attendaient pas à un match difficile

Ils vont pourtant être servis. Moins talentueux, les Diables jouent sur leurs qualités d'alors, faisant preuve de pugnacité. Quelques fautes bien placées, plusieurs arrêts de Pfaff, quelques ratés argentins… et le score reste de 0-0 plus longtemps que prévu. «On avait décidé, surtout, de rester groupés et de sortir seulement pour se créer des occasions, poursuit Vandersmissen. Mais sans que trop de joueurs ne montent, pour éviter de laisser de la liberté aux Argentins.» Guy Thys et les joueurs avaient opté pour un marquage en zone sur le jeune Maradona (21 ans), plutôt qu'une individuelle risquée… avec succès.

Au fil du match, les Diables s'enhardissent et se créent quelques opportunités: Vandersmissen en galvaude une première en tirant sur Fillol, avant que «Czernia» rate inexplicablement un coup de tête à bout portant. La délivrance vient des pieds d'Erwin Vandenbergh, à la réception d'un centre de Vercauteren parfait, à l'heure de jeu. L'attaquant du Lierse se permet même de laisser rebondir le ballon et de contrôler avant de battre le gardien de River Plate. Surprise totale! «Je ne sais plus ce qui s'est ensuite passé dans ma tête», raconte le buteur aujourd'hui. Tout le clan belge le félicite… avant de terminer le match en résistant à la pression argentine et en bénissant la latte de Pfaff, qui repousse un coup franc de Maradona. La plus belle victoire de l'histoire de la sélection vient d'être réalisée à Barcelone.

1982 : Argentine 0 – 1 Belgique

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