Plus de sévérité contre la violence, mais…

Une nouvelle loi permet une sanction plus lourde pour les auteurs d’agressions commises envers les arbitres. Bien, mais peut mieux.

St.L.

En octobre, suite à une énième agression, les arbitres provinciaux de Flandre occidentale ont dû utiliser l’arme de la grève pour se faire entendre. Soutenus par l’Union Belge de football, ils n’ont sifflé aucun match le deuxième week-end du mois. Un type de comportement qui n’est pas exclusif au football, puisque, début novembre, l’AWBB a dû proposer un entraîneur à la radiation après que celui-ci a frappé sur le parquet une paire d’officiels, envoyés à l’hôpital. La fille de l’agresseur, qui prenait part au match s’en est aussi prise au binôme, et a, elle, écopé d’une suspension de deux ans. Un appel doit encore être traité. Évidemment, il s’agit là d’une sanction sportive.

Une peine minimalerevue à la hausse

Sur le plan pénal, depuis le 5 juillet, l'arbitre est (un peu) plus protégé face aux agressions physiques. Une loi a effectivement instauré « une circonstance aggravante pour les infractions commises à l'encontre des arbitres de manifestations sportives». Si un individu se rend responsable d'un «crime ou délit» envers un officiel, le minimum de la peine sera «augmenté à concurrence de la moitié » s'il s'agit d'un emprisonnement et «augmenté d'un an s'il s'agit de la réclusion».

Le minimum, seulement, hélas!, souligne-t-on du côté des arbitres, dont beaucoup s’étaient donné rendez-vous mercredi soir à la maison des Sports de la Province de Liège pour un colloque sur la protection pénale et les statuts fiscal et social des hommes en noir, à l’initiative de la Maison des Associations d’Amay.

Foot: 1 départ sur 4 à cause du découragement

Si «c'est un peu tôt pour tirer les conclusions», comme le souligne Philippe Godin, Procureur à l'Union Belge de football, tous espèrent que ce nouvel outil législatif permettra de lutter contre la «banalisation de la violence». Reste la question de l'agression verbale, qui n'est pas évoquée dans cette loi. Et pèse son poids dans l'extinction de vocations. La Commission centrale des arbitres de l'Union Belge a constaté que 200 des 800 départs qu'elle recense chaque saison sont dus à un découragement des hommes en noir, par rapport à l'attitude des acteurs et spectateurs du football à leur égard.

Beaucoup, dans le monde de l'arbitrage, auraient apprécié que soit reconnue la mission «d'intérêt public» de l'arbitre, comme le prévoyaient initialement les promoteurs de la loi, ce qui aurait peut-être permis plus de sévérité, encore. Ça n'a pas été le cas. «Ce n'est qu'un début», espèrent beaucoup d'hommes en noir, qui conservent l'envie de pratiquer sans peur ou arrière-pensée ce qui est une véritable passion.

St.L.