Geraint Thomas sur la route de Remco Evenepoel au Giro ?

Déçu par le tracé du prochain Tour de France, le vainqueur de l’édition 2018 lui préférera le Giro en 2023.

 Evenepoel et Thomas pourraient bien être adversaires sur le prochain Giro.
Evenepoel et Thomas pourraient bien être adversaires sur le prochain Giro. ©Photo News

La mode est, dit-on souvent, un éternel recommencement dans lequel l’Italie pourrait s’avérer une nouvelle fois visionnaire. Boudé ces dernières années par les organisateurs des trois grands tours sur l’autel du spectacle, le contre-la-montre individuel a retrouvé grâce aux yeux de RCS. Au point que la société organisatrice du Giro a programmé un peu plus de 70 kilomètres d’effort individuel (répartis en trois étapes) sur le tracé de sa prochaine édition. Un choix fort et assumé qui semble avoir trouvé écho et pourrait bien séduire quelques grands noms du peloton.

Si Patrick Lefevere avait soufflé dans un sourire, juste après la présentation du parcours de la course au maillot rose, que "les organisateurs n’ont pas conçu le programme en fonction de Remco Evenepoel", celui-ci devrait pourtant bien séduire le Brabançon qui a prévu d’officialiser son choix début janvier. Une étape intermédiaire dans "le plan" que la formation Soudal-Quick Step a construit pour le dernier vainqueur de la Vuelta en direction du Graal absolu : le maillot jaune.

Vainqueur sortant du Tour de France, Jonas Vingegaard a, lui, laissé la porte ouverte à une participation au Giro en 2023, avouant qu’il aurait apprécié "un peu plus de chronos" sur une Grande Boucle dont le sillage contraste profondément avec celui qui reliera les Abruzzes à Rome puisque seules 22 bornes de contre-la-montre seront au menu entre Passy et Combloux.

Un élément qui a d’ores et déjà fini de convaincre une autre star du peloton. Troisième sur le dernier podium des Champs-Élysées, Geraint Thomas mettra en effet le cap sur l’Italie en mai prochain. "J’avais déjà la volonté de regouter au Giro, mais la présentation des deux tracés a facilité un petit peu plus encore ma décision", a confié le Gallois de 36 ans en marge du critérium de Saitama auquel il a participé ce week-end.

Excellent rouleur, le coureur de chez Ineos Grenadiers ne s’explique pas l’image ronronnante que véhicule, chez certains, l’exercice en solitaire. "Lorsque j’ai disputé mon tout premier Tour de France, en 2007, le parcours comptait alors deux chronos de plus de cinquante bornes qui avaient été épiques, se souvient Thomas. C’était, certes, peut-être un peu extrême… Cette année, il n’y avait que très peu d’opportunités pour les sprinters. Je ne sais pas trop pourquoi les organisateurs font ces choix, mais ce serait peut-être judicieux d’opérer de bons équilibres."

Des arguments qui ramèneront donc le Britannique dans un pays qu’il adore. "J’ai toujours beaucoup apprécié courir en Italie et j’aime le Giro, même si j’y ai connu certaines désillusions avec mes chutes lors de mes deux dernières participations. En 2020, je me sentais vraiment fort avant de heurter cette moto…"

Loin de, déjà, ériger la course au maillot rose en objectif majeur de sa prochaine saison, Thomas se refuse à dessiner des contours trop solides à ses ambitions. "J’ai très envie d’y arriver en forme. Si c’est pour le général ou la chasse aux étapes, on verra cela plus tard…"

Les tendances sont un éternel recommencement, mais certains discours restent décidément indémodables.