Nairo Quintana positif au tramadol: pourquoi cet antidouleur est-il interdit en course par l’UCI?

Le Colombien Nairo Quintana a été testé positif au tramadol, un antalgique interdit en course, mais dont la prise ne constitue pas une violation des règles anti-dopage de l’AMA.

La Rédaction de L'Avenir
 Nairo Quintana a été disqualifié du Tour de France pour deux contrôles positifs au tramadol.
Nairo Quintana a été disqualifié du Tour de France pour deux contrôles positifs au tramadol. ©AFP

Sixième du dernier Tour de France 2022, Nairo Quintana a été rattrapé par la patrouille moins d’un mois plus tard. Testé positif à deux reprises au tramadol durant la course, le Colombien de 32 ans a été disqualifié de la Grande Boucle, a annoncé ce mercredi l’Union cycliste internationale.

Depuis le 1er mars 2019, l’utilisation de ce puissant analgésique est interdite en compétition dans toutes les disciplines et catégories "afin de préserver la santé et la sécurité des coureurs compte tenu de ses effets secondaires" explique l’UCI dans son communiqué.

Disponible en vente libre sur internet, le tramadol peut notamment être prescrit en cas d’une lombalgie aiguë. "Lorsqu’il est prescrit par un médecin, tout se passe bien généralement. Mais il y peut y avoir mésusage", avertissait en 2019 Xavier Bigard, le directeur médical de l’UCI, à nos confrères de Sud Ouest.

Il affecte la vigilance du cycliste et crée une dépendance à long terme

Mais comment expliquer que cet antidouleur très utilisé en médecine soit interdit en course? Dans le monde du cyclisme, les effets secondaires néfastes du tramadol sont connus de tous. "Ce produit appartient à la famille des opioïdes. Il a donc été mis sur la liste des produits interdits à juste titre. La raison? Il affecte la vigilance du cycliste et crée une dépendance à long terme", explique Yvan Vanmol, médecin de l’équipe Quick-Step Alpha Vinyl à nos confrères de la Gazet Van Antwerpen.

Malgré tout, le tramadol ne figure pas sur la liste des produits interdits par l’Agence Mondiale Antidopage, mais simplement sur une liste de surveillance. Une anomalie pour le président de l’UCI, David Lappartient, qui ne comprend pas l’inaction de l’AMA.

Si on a un antidouleur, on peut repousser la douleur et avoir de meilleures performances

En 2018, c‘est lui qui avait plaidé pour inscrire le produit sur la liste des produits interdits par l’UCI en soulignant l’importance du problème dans le cyclisme. "À peu près deux tiers du tramadol détecté au niveau mondial l’est dans des échantillons de cyclistes. On sait que le facteur limitant de la performance est la capacité à surmonter la douleur. Si on a un antidouleur, on peut repousser la douleur et avoir de meilleures performances", expliquait-il à l’époque à l’AFP.

Comme il s’agit de sa première infraction, Nairo Quintana reste éligible et peut donc prendre part à des compétitions. Mais en cas de récidive, il risque cinq mois de suspension...

Vuelta