Euro de cyclisme: Tim Merlier n’a pu résister à Fabio Jakobsen, «J’ai dû débuter mon sprint d’un peu trop loin»

Le Belge, finalement troisième, a dû lancer son sprint de très loin et il n’a pu résister au retour du Néerlandais, nouveau champion d’Europe, et d’Arnaud Démare, médaillé d’argent.

Eric de Falleur
 Tim Merlier et sa médaille de bronze
Tim Merlier et sa médaille de bronze ©AFP

Fabio Jakobsen portera les douze prochains mois le maillot blanc à étoiles bleues de champion d’Europe. Le Néerlandais s’est en effet imposé à Munich au terme d’une course, la 7e réservée aux professionnels depuis que Peter Sagan a ouvert la liste à Plumelec, en 2016, qui s’est terminée par un sprint.

La course s’est en effet déroulée comme on s’y attendait pour se terminer par l’emballage massif auquel il était écrit que le peloton ne pourrait échapper. Pourtant, dès le début de l’épreuve (208 km, répartis en une boucle de 144 km et cinq tours d’un circuit local ultra-plat de 13 km tracé dans les rues de la capitale de la Bavière) deux courageux tentèrent de bouleverser le scénario programmé. Lukas Pöstlberger et Silvan Dillier se lancèrent pour 180 kilomètres de fugue dans la campagne bavaroise mais le tandem austro-suisse n’obtint jamais un avantage conséquent et les deux hommes allaient être repris un peu avant l’entrée de l’avant-dernier tour.

L’allure avait alors monté franchement d’un cran, notamment sous l’impulsion des Belges qui, déjà privés d’un homme (Yves Lampaert n’ayant pu être remplacé), ne se retrouvèrent plus qu’à quatre dans les dernières kilomètres. Après qu’Aimé De Gendt eut replacé ses équipiers avant le dernier kilomètres, Edward Theuns, à l’entrée de la longue dernière ligne droite (un kilomètre) puis Bert Van Lerberghe tentèrent de lancer au mieux Tim Merlier vers la victoire. Le double champion de Belgique, que suivaient de près Danny Van Poppel et Fabio Jakobsen, se retrouva au commandement à trois cents mètres de la ligne et il ne put résister au retour de Fabio Jakobsen, ni même d’Arnaud Démare.

"J’ai dû commencer mon sprint un tout petit peu trop loin", regrettait Tim Merlier, finalement médaillé de bronze. "Dommage parce que toute l’équipe s’est sacrifiée pour moi. Dans un final chaotique, on peut dire que les gars ont joué leur vie pour moi. Il y avait une super ambiance dans le groupe."

Le Flandrien réfute l’idée que les Belges auraient dû se cacher un peu plus au sein du peloton.

"Si on est trop loin, on perd aussi des forces à essayer de remonter sur la fin", analysait le futur coureur de Soudal-Quick Step. "C’est une médaille, mais pas celle que je voulais. Je pensais que je pouvais gagner. Jakobsen était dans ma roue et je pense que si cela avait été l’inverse, j’aurais pu le battre. Mais c’est quand même Jakobsen..."

Dès vendredi, le porteur du maillot tricolore tentera de prendre sa revanche sur les routes de la Vuelta.

"Oui, mais j’aurais aimé y aller avec un autre maillot", souffla-t-il encore.

Les Allemands, eux, avaient perdu leur leader Pascal Ackermann, victime d’une chute dans un rétrécissement, au début de la dernière heure de course. Jusqu’alors et même durant les deux tours suivants, on n’avait pas pas vu, ou presque les Néerlandais.

"Nous avions un bon plan", a confié Fabio Jakobsen, vainqueur pour la dix-neuvième fois depuis le terrible accident qui a failli lui coûter la vie il y a deux ans au Tour de Pologne. "J’ai bien passé les deux côtes, même si j’ai souffert un peu dans la deuxième, mais on était à cent vingt kilomètres de l’arrivée. On avait une bonne équipe pour contrôler la course. Tout le monde m’a mis en position idéale et à deux tours de l’arrivée, on est remonté. On m’a protégé jusqu’au dernier virage puis Danny (Van Poppel) a fait un boulot incroyable pour me replacer à hauteur de Tim Merlier. Je pensais qu’il serait mon plus dur adversaire. Je ne m’étais pas trompé."

Eric de Falleur

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