Tour d’Italie: Simon Yates surprend, van der Poel toujours en rose

Son maillot rose sauvé sans difficulté, Mathieu van der Poel a échoué à trois secondes du doublé samedi pour ses débuts tonitruants dans le Giro où Simon Yates, surprenant, a gâché sa fête à Budapest en s’imposant dans le contre-la-montre de la deuxième étape.

Simon Yates
Simon Yates ©Photo News
AFP

Le phénomène néerlandais, qui possédait 14 secondes d’avance après son succès de la veille, n’en a concédé que trois sur Yates et a même devancé le spécialiste Tom Dumoulin, troisième, à cinq secondes, de ce chrono de 9,2 km de carte postale, entre les monuments emblématiques de la capitale hongroise.

"Les meilleurs spécialistes du contre-la-montre ne sont pas peut-être pas ici, a observé le feu follet. Je savais que ce serait déjà très bien de garder le maillot, c’était le grand objectif. Je ne m’attendais peut-être pas à me trouver si proche de la victoire."

MVDP avait promis d’"essayer" de conserver le "maglia rosa" la veille, il a été tout proche de l’emporter. Les trois secondes manquantes étant celles perdues sur la partie plane avant la montée finale de la colline de Buda (1,3 km à 4,9% de pente moyenne) où il a buté sur le temps de référence de Yates (9 min 50 sec, moyenne de 46,6 km/h).

Même s’il expliquait n’avoir testé sa monture de contre-la-montre qu’une fois cette saison, sa capacité à conserver le maillot de leader samedi faisait peu de doutes: il ne s’était pas montré maladroit dans le Tour de France en juillet en résistant à Tadej Pogagar pour conserver le maillot jaune dans la cinquième étape à Laval.

"J’y croyais plus que pour le contre-la-montre du Tour", a reconnu le petit-fils de Raymond Poulidor.

Le succès de Simon Yates, le cinquième dans une étape du Giro, était moins prévisible devant des spécialistes comme Tom Dumoulin ou Joao Almeida (onzième à 18 secondes).

"C’est un peu inattendu, mais je prends les choses comme elles viennent", a savouré le grimpeur de Bury.

Déjà le Britannique, qui fêtera ses 30 ans le 7 août, s’était montré à son avantage dans le court contre-la-montre (13 km) de Paris-Nice en mars (cinquième) quand il n’avait lâché que onze secondes au vice-champion du monde de la spécialité Wout van Aert.

"Nous avons fait beaucoup d’efforts sur notre équipement cette année et cela a payé", analyse-t-il. L’effort solitaire lui avait déjà souri, justement dans la "course au soleil" en 2019.

Parmi les favoris, le Colombien Miguel Angel Lopez et l’Espagnol Mikel Landa sont ceux ayant accusé les débours les plus conséquents (respectivement 59e à 42 sec et 30e à 33 sec) devant le belvédère du Bastion des pêcheurs offrant un panorama de cliché Instagram sur Pest et le fameux Parlement gothique de Hongrie.

Le grand favori Richard Carapaz (19e à 28 sec), comme le Français Romain Bardet (17e à 24 sec), ont limité les dégâts dans cet exercice où ils ne brillent pas.

Après les puncheurs puis les rouleurs, place aux sprinteurs dimanche pour la dernière étape hongroise se concluant sur les rives du lac Balaton où Mathieu van der Poel a promis qu’il ferait le lanceur pour son coéquipier Jakub Mareczko.