Avenir du musée Duesberg à Mons : l’opposition presse la ville à "prendre ses responsabilités"

Tant dans l’attention portée au baron qu’aux collections constituées par ce dernier et son épouse.

Emeline Berlier
Le baron Duesberg attend toujours de pouvoir former son successeur.
©AVPRESS

Le baron François Duesberg pourra-t-il bientôt faire la connaissance de son successeur et l’accompagner dans ses futures missions de conservation et de promotion de ses collections ? Le temps presse et à ce jour, le Montois, à l’instar de Sœur Anne, ne voit rien venir. Du haut de ses 89 ans et en mauvaise santé, le baron espère plus que jamais que la ville de Mons tienne ses engagements.

Une demande qui sera une nouvelle fois appuyée devant le conseil communal de ce mardi par John Joos, conseiller communal indépendant et Emmanuel Tondeau (Mons en Mieux). “La convention signée entre les deux parties prévoit les devoirs élémentaires et les obligations de la ville en matière de sécurisation, conservation et promotion des collections mais également à l’égard du mécène”, précise John Joos.

“À ce jour, le musée, installé dans un quartier particulièrement anxiogène, souffre d’une absence complète de sécurisation. L’installation de caméras de surveillance a été promise de longue de date mais n’est toujours pas devenue réalité. Le baron attend par ailleurs toujours d’être épaulé – et non remplacé – dans ses missions et dans son quotidien. Nous demandons au collège communal de tout mettre en œuvre pour engager un concierge ou une personne aidante, susceptible de porter une assistance au baron, y compris la nuit."

Une réaction "urgente" de la ville de Mons

Les élus de l’opposition réclameront également que les procédures de sélection d’un adjoint conservateur soient clôturées sans délai afin qu’il puisse être formé par le baron. “Il est plus que temps que cela soit rendu possible. On a l’impression que la ville ne se rend pas compte de l’urgence de la situation et qu’elle fait traîner les choses. Si elle ne remplit pas ses obligations et n’assume pas ses responsabilités, qu’elle ait l’honnêteté de laisser le baron se retourner vers d’autres solutions. Ses collections, plus magnifiques que jamais, pourraient être accueillies n'importe où en Belgique ou à l'étranger !”

Et de poursuivre : “Nous demandons une intervention de la ville de Mons sans délai et lui rappelons que s’il se sent lésé, le baron peut toujours décider de rompre la convention. Ses collections sont inestimables et méritent d’être valorisées mais nous ne pouvons que déplorer l’attitude indifférente du collège communal et du bourgmestre, qui ne répondent plus aux sollicitations du baron.” John Joos annonce par ailleurs qu’il "se réserve d’intervenir à huis clos pour dénoncer des choses bien plus graves sur le plan humain."

Pour rappel, il y a quelques mois, le baron modifiait son testament afin de faire de la ville de Mons sa légataire universelle. Une façon pour lui d’assurer l’avenir du musée, ouvert il y a 28 ans, et d’avoir la garantie que le travail de collection de toute une vie soit préservé. Début octobre, la ville nous confirmait que l'appel à candidatures pour l'engagement d'un conservateur se clôturait le 12 octobre, après quoi des examens seraient organisés. Cinq candidatures avaient été réceptionnées. Les trois meilleures devaient été soumises au baron. Ce qui n'a a priori pas encore été fait.