Voile: François Caudrelier remporte la Route du Rhum, "un rêve de gosse"

Le Français Charles Caudrelier a remporté la Route du Rhum ce mercredi matin en Guadeloupe signant un nouveau record de rapidité de la traversée en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre en 6 jours 19h 47 min. et 25 secondes !

Arnaud Boever
Arnaud BOEVER
 Marin au palmarès déjà riche, Charles Caudrelier (Ultim Gitana - Edmond de Rothschild,) a ajouté la Route du Rhum sur sa carte de visite.
Marin au palmarès déjà riche, Charles Caudrelier (Ultim Gitana - Edmond de Rothschild,) a ajouté la Route du Rhum sur sa carte de visite. ©AFP

Il était 10h02 en Belgique, soit en fin de nuit locale dans les Antilles (5h02) quand le skipper breton de 48 ans, Charles Caudrelier a franchi la ligne d’arrivée de la mythique transat Route du Rhum sur son maxi-trimaran de 32 mètres, Edmond de Rothschild. Dans la pénombre, il est devenu le 11e vainqueur de cette course en solitaire qui a lieu tous les quatre ans (c’est la 12e édition). En tête d’un bout à l’autre de la traversée sur son multicoque "volant" (soit à foils) avec lequel il avait déjà remporté la transat Jacques Vabre l’an dernier (Le Havre-la Martinique en duo avec Franck Cammas), Charles Caudrelier a donc su contrôler jusqu’au bout ses compatriotes et adversaires directs, François Gabart et Thomas Coville qui le menaçaient encore dans les derniers milles. Le scénario de 2018 (changement de leader en fin de course et victoire du vétéran Francis Joyon, 62 ans, sur... François Gabart, déjà 2e, avec sept petites minutes d’avance) ne s’est donc pas reproduit.

Parti de Saint-Malo mercredi dernier à 14h15 (prévu le dimanche 6 novembre le départ avait été retardé à cause des conditions météo), Caudrelier a établi un nouveau record de l’épreuve en 6 jours 19h 47 min. 25 secondes (pour 7 jours 14h27.47 en 2018 à Francis Joyon) pour sa première participation à la Route du Rhum, après d’autres grands succès (J. Vabre 2010, 2019, 2021, Fastnet 2019 et 2021, tour du monde Volvo Ocean Race 2011 et 2017).

« Comme un pilote de F1»

"Participer à cette course qui m’a toujours fait rêver était un rêve de gosse, et même quelque chose de longtemps improbable pour moi, alors la gagner, vous pensez…, a réagi le skipper au passage des bouées d’arrivée. Je suis très, très heureux pour de multiples raisons, car c’était un vrai rêve de gamin, je le répète, mais aussi parce que je pense avoir répondu à la confiance des gens qui ont cru en moi et ont plongé dans le projet fou d’un bateau volant. Merci, merci, merci à eux ! Moi qui n’aurais jamais cru pouvoir être aux commandes d’un tel bateau, j’ai reçu cette chance il y a trois ans et me voilà ici... C’est incroyable. Dingue même. Mais à ce niveau, la voile c’est comme la F1: je ne suis que le pilote et c’est une victoire d’équipe. Je pense notamment à Franck Cammas (lauréat 2010), à mes côtés sur la Transat J. Vabre qui m’a beaucoup appris, lui l’expert des multicoques, des foils (appendices pour survoler les vagues) et de la course en solitaire. Il aurait pu être le skipper de cet engin et gagner cette course et m’a laissé la place. Mais tout le team a été formidable. Je n’ai pas connu un seul souci. Ce fut vraiment la course presque parfaite".