Gros coup de chaud pour Remco

Le Belge, qui n’avait « pas les bonnes jambes », a perdu plus de deux minutes dans le cagnard de Novazzano.

Maxime Jacques
NOVAZZANO, SWITZERLAND - JUNE 16 :  Evenepoel Remco (BEL) of Quick-Step Alpha Vinyl Team during stage 5 of the 85th edition of the 2022 Tour de Suisse cycling race, a stage of 193 kms with start in Ambri and finish in Novazzano on June 16, 2022 in Novazzano, Switzerland, 16/06/2022 ( Motordriver Kenny Verfaillie - Photo by Vincent Kalut / Photonews
NOVAZZANO, SWITZERLAND - JUNE 16 : Evenepoel Remco (BEL) of Quick-Step Alpha Vinyl Team during stage 5 of the 85th edition of the 2022 Tour de Suisse cycling race, a stage of 193 kms with start in Ambri and finish in Novazzano on June 16, 2022 in Novazzano, Switzerland, 16/06/2022 ( Motordriver Kenny Verfaillie - Photo by Vincent Kalut / Photonews ©VKA

S’il y a une chose qu’on a apprise avec Remco Evenepoel, c’est qu’il bluffe rarement. Quand il a lâché le groupe des favoris pour la première fois, à plus de 20 kilomètres de l’arrivée, dans l’exigeante montée de Pedrinate (2,4 km à 8,7%) ce n’était pas à cause d’un souci mécanique ou d’une erreur d’attention. En voyant son visage, on a rapidement compris que le Brabançon allait vivre une fin d’étape compliquée.

Et ce n’est pas un éphémère retour dans le peloton (grâce au travail de ses équipiers du Wolfpack) qui y a changé quelque chose. Définitivement distancé à neuf kilomètres de l’arrivée, lors de l’ascension suivante de la côte de Pedrinate, le coureur de Schepdaal a finalement perdu 2 minutes et 12 secondes sur Alexander Vlasov (Bora-Hansgrohe), vainqueur de l’étape du jour devant Powless (EF) et Fuglsang (Israel).

Une contre-performance qui rappelle qu’aussi grand son potentiel soit-il, le Belge de 22 ans est encore en apprentissage. Et que la gestion d’une étape (très vallonnée) sur des températures qui dépassent les 32 degrés fait partie de ses axes d’amélioration.

"Si vous surchauffez dans une étape comme celle d’aujourd’hui, vous le payez directement", expliquait Evenepoel, le teint blême, quelques instants après avoir franchi la ligne d’arrivée tête baissée.

Assis le long d’un muret, il s’est aspergé d’eau à plusieurs reprises pour faire descendre la température de son corps, qui n’a pas bien géré le cagnard de Novazzano.

"Au fur et à mesure des tours du circuit local, je sentais que mes jambes étaient de plus en plus lourdes. Cette étape ressemblait à la première, lors de laquelle je m’étais vraiment bien senti (NdlR: il avait terminé avec les meilleurs) mais cette fois, je n’avais pas les jambes idéales pour une telle journée. Je ne dirais pourtant pas que j’ai eu une mauvaise journée. C’était juste insuffisant pour suivre les meilleurs."

«Je ne peux plus perdre de temps»

Désormais 19 au classement général à 2 minutes et 22 secondes du nouveau leader du Tour de Suisse, Vlasov, Remco entrevoit la haute montagne (ce vendredi et ce samedi) avec un débours conséquent. Mais pas (encore) décisif. "Deux étapes importantes arrivent et je vais continuer à me battre et à donner le meilleur de moi-même, explique-t-il.Il y a aussi le contre-la-montre, dimanche (25,6 km), que j’ai en tête et qui est assez long. Je pense que je n’ai pas encore perdu la course mais il est clair que je ne dois plus concéder de temps si je veux obtenir un bon classement général final."

Cela passera par une meilleure adaptation à la chaleur. Car même si l’arrivée au sommet de ce vendredi (vers Moosalp, avec une ascension de 18 kilomètres à 8%) pourrait lui donner un peu d’air, les degrés ne vont pas redescendre dans les prochains jours sur le Tour de Suisse.

Mais Remco et le Wolpack le savent: parvenir à gérer pareille situation est essentiel dans le développement du jeune coureur en vue, notamment, de sa première Vuelta, qu’il disputera en septembre. Le moment est donc important.