Et à la fin, on joue à seize?

L’AG de la Pro League doit valider les formats des championnats pour les prochaines saisons.

Frédéric Bleus
 Le Club Bruges pousse pour la suppression des points à la fin de la phase classique. Mais cela ne fait pas l’unanimité.
Le Club Bruges pousse pour la suppression des points à la fin de la phase classique. Mais cela ne fait pas l’unanimité. ©belga

Cette fois, le vote ne devrait pas être reporté, encore que, on n’oserait jurer de rien avec eux. Ce vendredi, l’Assemblée générale de la Pro League doit valider, pour de bon, les accords pris pour le retour d’une D1A à 16 clubs, après la saison 2022-23.

Il doit y avoir trois descendants au terme de cette saison, et pas de barrage pour un deuxième montant de D1B – le champion sera désigné au terme de play-off (voir par ailleurs). Mais ce jeudi encore, l’incertitude planait, et tout est ouvert, y compris une nouvelle foire d’empoigne et une négociation éventuelle sur le nombre de descendants.

Car l’intérêt de cette AG vaut aussi pour la suite, et la nécessité de trouver un format de championnat qui contentera tout le monde, à partir de 2023-2024. Or, si les deux dossiers sont liés, cela pourrait se corser. La seule chose acquise: il y aura un retour à 16 clubs après cette saison, au pire dans la formule avant-Covid si un accord n’est pas trouvé sur le format pour la saison 2023-2024.

Un autre élément qui ressort du plan distribué aux clubs et qui alimente les discussions est la nécessité de trouver des fonds pour soulager les finances. Et là aussi, les idées ne manquent pas…

Le format: 16-16 plutôt que 14-18

Envoyée mercredi aux clubs de D1A et D1B, le deuxième projet de Lorin Parys dont nous avons pu nous procurer une copie (voir nos éditions de ce jeudi) propose de revenir à 16 en division 1 et de conserver un système des play-off. Ceux-ci auraient une autre forme: six équipes en "Champions play-off", six en "Europe play-off" et quatre dans des play-off pour le maintien.

Par ailleurs, il n’y aurait plus de division des points par deux à la fin de la phase classique. Et, dernier changement de taille: il y aurait deux descendants et un barragiste. Il y aurait donc toujours 40 journées de championnat, ce qui ne désengorge pas vraiment le calendrier belge.

En division 2 (on ne dirait plus "D1B"), il y aurait 16 équipes également. Les deux dernières descendraient directement; les deux premières seraient promues en D1 et les équipes classées de la troisième à la sixième place s’affronteraient dans des demi-finales et finales dont le vainqueur affronterait le barragiste de D1.

La tendance: plutôt oui, mais…

En schématisant, on peut dire que le G5 (Club Bruges, Anderlecht, La Gantoise, Genk et le Standard), ainsi que Charleroi, l’Antwerp voire l’Union sont favorables à ce passage à 16-16. Le K11, regroupant les clubs plus modestes, est plus partagé, et c’est peut-être là que se fera la différence. Courtrai, Zulte Waregem et le Cercle Bruges ne sont pas enthousiastes, et d’autres clubs réfléchissent à rester solidaires ou non. La D1B a aussi un poids dans l’affaire, qui n’est pas négligeable, et l’idée d’avoir deux montants et un barragiste peut être séduisante. Pour rappel, une majorité des deux tiers est nécessaire pour obtenir le changement.

Un des points de tension qui risque d’apparaître lors de l’AG concerne également la suppression de la division des points par deux au terme de la phase classique. Portée par le Club Bruges, la proposition ne rencontre pas un succès marquant. Certains dirigeants, notamment dans le G5, ne comprennent pas l’intérêt de garder les points pour les play-off. Le seul intérêt concerne les play-off 3, où chaque unité comptera pour se sauver.

Les finances: à la recherche d’un partenaire privé

Les clubs ont perdu 175 millions €, en 2021, selon le rapport de l’auditorat pour les licences. Les conséquences du coronavirus ont été lourdes, mais cela ne peut être la seule explication – les salaires n’ont cessé d’augmenter.

Pour amortir le choc, la Pro League regarde ce qui se fait à l’étranger, et notamment en France et en Espagne, où un partenariat a été noué avec CVC, pour la commercialisation des droits télé notamment. L’idée est de trouver une diversification des fonds, pour amener plus d’argent. De la même manière, le management propose des documentaires, sur les coulisses des clubs. Mais cela est-il vendeur? Lorin Parys a conscience que la D1 belge n’est pas aussi attractive.