Verstappen n’a pas craqué pour s’envoler

En remportant le GP d’Azerbaïdjan, le pilote Red Bull évite les embûches et compte 34 points d’avance sur Leclerc.

Olivier de Wilde
 Max Verstappen a signé en Azerbaïdjan un 25e succès important à plus d’un titre.
Max Verstappen a signé en Azerbaïdjan un 25e succès important à plus d’un titre. ©AFP

Devancé par son équipier à Barcelone avant les consignes du team puis lors du week-end monégasque, battu en qualifications par Charles Leclerc mais surtout encore ce diable de Sergio Pérez samedi en Azerbaïdjan, Max Verstappen se trouvait pour la première fois sous pression au sein de sa propre écurie. Son statut de n°1 ne lui donnait aucune priorité et il était clair avant le départ de cette huitième manche à Bakou qu’aucun avantage ne serait donné au champion du monde.

Certains imaginaient du coup déjà voir le Belgo-Néerlandais "péter un plomb", se précipiter au premier freinage pour doubler à tout prix au risque de s’accrocher avec son équipier. Mais il n’en a rien été.

Sans doute a-t-il fulminé sous son casque, comme samedi après-midi, en voyant Checo prendre le meilleur envol et surprendre le poleman Charles Leclerc au premier freinage. Mais, gêné quelque peu par le virage Ferrari, Max est resté calme et n’a pas tenté le diable. Pas d’attaque suicidaire. Plus mature, moins impatient, Verstappen Jr a su attendre sagement son heure. Une maturité que lui a sans doute apportée ce premier titre mondial.

Troisième lors des premiers tours, il a mis la pression sur la Ferrari du poleman puis s’est retrouvé deuxième quand le Monégasque s’est engouffré dans la pitlane au moment de la première voiture de sécurité virtuelle pour dégager l’autre bolide rouge d’un Carlos Sainz trahi dès le 9e tour par ses freins.

Puis, en cinq rondes à peine, Max a fondu sur Sergio Pérez pour prendre les commandes du GP et s’envoler vers un 25esuccès, facilité il est vrai par le retrait de la seconde Ferrari du leader monégasque au 20e tour.

"Je ne suis pas certain que changer de gommes dès le dixième tour était la meilleure option car il n’était pas possible d’aller jusqu’au bout par la suite avec les durs, expliquait Max Verstappen. On est donc restés en piste. L’auto fonctionnait très bien en médiums et je suis revenu facilement sur Sergio."

Le dépassement a eu lieu en bout de ligne droite et le Sud-Américain n’a opposé aucune résistance. "Après, on a profité de l’abandon de Charles Leclerc qui venait de reprendre la tête après mon arrêt au 18e tour, poursuivait le pilote Red Bull. On a eu de la chance certes, mais je ne suis pas certain que la stratégie de Ferrari était la meilleure et que l’on n’aurait pas gagné quand même car notre monoplace fonctionnait parfaitement sur les longs relais."

Une revanche sur l’édition de 2021 quand son pneu avait explosé à quelques tours de l’arrivée alors qu’il caracolait en tête?

"Non, on n’a pas récupéré les 25 points pour le championnat 2021. On ne refait pas l’histoire."

En attendant, cette victoire autoritaire permet au Néerlandais d’asseoir sa position de leader au sein de son team où il compte désormais 21points d’avance sur Sergio Pérez, excellent deuxième en Azerbaïdjan, et surtout 34 déjà sur la Ferrari du malheureux Charles Leclerc accumulant les déconvenues lors de ces quatre derniers GP. Voilà un succès remettant bien des choses à leur place.

Max Verstappen est désormais bel et bien le grand favori à sa propre succession.