Sur le chemin de la complicité

La relation technique entre Eden Hazard et Kevin De Bruyne était prometteuse, contre la Pologne. Mais il y a encore du travail

Christophe Franken
 Kevin De Bruyne et Eden Hazard qui célèbrent un but qu’ils ont fabriqué tous les deux chez les Diables: une image rare.
Kevin De Bruyne et Eden Hazard qui célèbrent un but qu’ils ont fabriqué tous les deux chez les Diables: une image rare. ©Photo News

Et le Heysel a bien ri. Un peu après l’heure de jeu, Eden Hazard a couru sur quarante mètres derrière un Polonais qui partait en contre et c’est Kevin De Bruyne qui a intercepté la passe dans le rectangle de Simon Mignolet. Voir les deux grandes stars des Diables défendre ainsi avait un côté amusant. Et rassurant sur leur implication et leur forme à ce moment du match.

Mais mercredi, le Heysel a surtout applaudi ses deux chouchous. Sortis tous les deux sous une ovation, Eden et KDB ont été très bons, portant la Belgique vers son plus large succès depuis mars 2021 (8-0 contre l’Estonie). Face à la 26e nation mondiale cette fois. Une remarque quasi habituelle ces derniers mois avec le joueur de Manchester City mais beaucoup plus rare avec celui du Real Madrid.

Enfin de l’espoir pour Hazard

Heureusement, les signes sont enfin encourageants pour Hazard. Qu’il s’estime lui-même "à 80% de ses possibilités" offre de belles perspectives, avec une préparation au Real cet été et, espérons-le, du temps de jeu jusqu’à la mi-novembre et le début de la Coupe du monde.

Mercredi, il était déjà bien plus impliqué dans le jeu que contre les Néerlandais. Peut-être parce que les Polonais étaient moins forts mais aussi parce que l’accumulation de temps de jeu lui fait du bien. "On va impliquer Eden dans les quatre matchs. On n’était qu’au deuxième bloc de travail", précise Roberto Martinez. On se réjouit de voir si la montée en puissance va se confirmer. Et coller à celle de KDB, le meilleur milieu de terrain du monde cette saison.

Une relation directe à travailler encore

Contre la Pologne, ils n’ont pas arrêté de se chercher. Hazard a combiné une fois sur deux avec De Bruyne (13 sur 30) en 66 minutes ensemble sur la pelouse. En une mi-temps contre les Pays-Bas, on n’avait vu que… deux combinaisons entre les deux stars.

La différence s’explique aussi par leur position moyenne sur le terrain. Contre les Oranje, Hazard jouait très bas, à gauche de De Bruyne sur le haut du rond central. Face aux Polonais, KDB était toujours à la même place mais Eden jouait 20 mètres plus haut, ce qui facilite leur relation technique.

Le circuit des Diables était très clair: Tielemans et Witsel cherchaient au plus vite la rampe de lancement De Bruyne qui choisissait souvent la possibilité Hazard devant lui. C’est ce qui est arrivé sur le deuxième but belge, avec KDB qui a poursuivi son effort pour recevoir la passe décisive d’Eden.

Depuis le début de l’ère Martinez il y a six ans, ce n’était que la quatrième fois qu’un but des Diable était fabriqué entièrement par De Bruyne et Hazard (après un contre l’Angleterre en 2018, un contre la Russie en 2019 et un contre le Danemark en 2021). Ce qui prouve que la complicité sur la pelouse entre les deux joueurs peut encore s’améliorer. C’est l’une des missions de l’adjoint Thierry Henry qui avait longtemps eu le même souci avec Zinédine Zidane chez les Bleus.

Vite remettre Lukaku dans l’équation

Le duo est normalement un trio offensif avec l’avant-centre. Mais contre la Pologne, Michy Batshuayi était invisible dans les combinaisons. Avec une stat aberrante: l’attaquant n’a réussi que cinq passes en 85 minutes! Romelu Lukaku en était à quatre contre les Pays-Bas vendredi avant de sortir blessé au bout de… 26 minutes. Le retour de Big Rom est donc vivement souhaité pour varier les plaisirs et éviter que l’adversaire ne s’organise prioritairement pour couper le circuit KDB/Eden.