Édito | Retour sur l’improbable semaine de Novak Djokovic: une affaire d’État(s)

Comment en est-on arrivé à une telle situation dans l’affaire Novak Djokovic? Le numéro 1 mondial vient de vivre une semaine à peine croyable et ce n’est pas fini…

Benoît Robaye
Édito | Retour sur l’improbable semaine de Novak Djokovic: une affaire d’État(s)
Novak Djokovic, le 8 février dernier à l’Open d’Australie. Verra-t-on finalement le Serbe défendre son titre dans le premier Grand Chelem de l’année? ©AFP

Avant d’évoquer la surprenante semaine vécue par Novak Djokovic, remontons quelque peu dans le temps.

Le 29 décembre, on apprend que le Serbe renonce à l'ATP Cup, qui débutait à Sydney le week-end suivant. Un forfait qui relance les interrogations sur sa participation à l'Open d'Australie, premier Grand Chelem particulièrement attendu de la nouvelle saison tennistique, dont il est triple tenant du titre et qui pourrait le faire devenir le plus grand joueur de tous les temps avec 21 titres en Grand Chelem. Des interrogations nourries par le statut vaccinal de Djokovic, qui demeurait à ce moment-là encore énigmatique, à tout le moins officiellement.

Cinq jours plus tard, le 4 janvier, le numéro 1 mondial s'affiche sur son compte Instagram en précisant qu'il s'envole pour l'Australie, avec une dérogation médicale - confirmée par la fédération de tennis australienne - en poche.

Rocambolesque

On aurait pu penser le dossier réglé, mais ce n’était que le début d’un scénario rocambolesque.

Le 5 janvier, rebondissement: Djoko est bloqué à l'aéroport de Melbourne en raison d'un problème de visa, les douaniers lui ont refusé l'entrée en Australie, faute de documents nécessaires pour obtenir une dérogation médicale à l'obligation vaccinale pourtant accordée par la fédé aussie donc.

Le lendemain, confirmation du coup de théâtre: visa annulé. Carrément menacé d'expulsion, le Serbe est désormais placé en centre de rétention (ce n'est pas une blague), en attendant l'issue de cette improbable histoire, puisqu'il a décidé d'aller en appel de la décision de l'expulser.

De l’amateurisme

Fallait-il en arriver à une telle situation? Non. Un tel amateurisme, à tous les niveaux, aurait-il pu être évité? Oui.

C’est rapidement devenu une affaire d’État. Le Premier ministre australien s’en est mêlé, précisant que les "règles sont les règles" et que le nonuple vainqueur de l’Open d’Australie (2008, 2011, 2012, 2013, 2015, 2016, 2019, 2020, 2021) n’était pas au-dessus d’un cadre sanitaire qui se veut, force est de le constater, aussi imperméable que la détermination de Djokovic sur une balle de match en finale de Grand Chelem.

«Une chasse politique»

Le président de la Serbie a dénoncé "une chasse politique". C’est évident, que l’affaire est devenue politique (sanitaire).

"Novak Djokovic n’est ni un criminel, ni un terroriste, ni un migrant illégal", a précisé le ministère des Affaires étrangères serbe dans un communiqué.

Une nouvelle audience devant la justice australienne est prévue ce lundi, le coup d'envoi de l'Open d'Australie étant programmé le 17 janvier.

On ose espérer que c’est le dernier set de cette drôle de bataille, dont on se serait bien passé…