"On n’est pas ici pour se crasher"

Le Belgo-néerlandais estime n’avoir rien à se reprocher en Arabie et ne pas être traité comme les autres par la FIA et les officiels.

Olivier DE WILDE
"On n’est pas ici pour se crasher"
Réunis hier en conférence de presse, Lewis Hamilton et Max Verstappen prétendent vouloir une finale propre. ©AFP

Pour la première fois du week-end, les deux candidats au titre mondial se sont retrouvés côte à côte, en première ligne, lors de la traditionnelle conférence de presse du jeudi.

L’occasion pour les deux grands rivaux, à égalité de points, de commenter la note envoyée à tous les teams par le directeur de course Michael Masi et rappelant que "selon le règlement, des unités pourront être retirées au championnat en cas de comportement contraire à l’éthique sportive".

Un message envoyé à tout le paddock mais en fait adressé à une seule personne, le seul à qui un accrochage "façon Monza" entre les deux prétendants au sacre profiterait : Max Verstappen!

Car en cas d’égalité dimanche soir, le Belgo-néerlandais serait titré au plus grand nombre de victoires (9-8).

"C’est bien d’avoir reprécisé cet article", a indiqué le septuple champion craignant une attaque suicide de son grand rival qu’il a traité de "fou furieux" à chaud dimanche dernier. "Mais j’espère bien sûr qu’on n’aura pas besoin de cela. Je n’ai pas plus envie de voir les commissaires qu’ils ne veulent me rencontrer. Je souhaite vraiment vivre une belle finale, propre, sans incidents."

Le Britannique compte sur son puissant et plus frais moteur Mercedes pour faire la différence sur un tracé d’Abou Dhabi remodelé à trois endroits et plus rapide que par le passé même s’il sera toujours aussi difficile d’y doubler.

"Je connais le code sportif. Cette note est totalement inutile", a déclaré avec son arrogance habituelle le pilote Red Bull se sentant à peine visé. "Vous devez bien comprendre que lorsqu’on vient sur un week-end de course, on n’a pas dans la tête l’idée de se crasher. Ce sont les médias qui racontent ces histoires. Moi je suis ici pour donner le meilleur de moi-même, gagner la course et mon premier titre. Vu ma saison, je pense que je le mérite."

Montré du doigt par pas mal de ses collègues suite à son comportement peu sportif en piste le week-end dernier ("Il a dépassé les limites", ont confirmé Charles Leclerc et le patron d’Alfa Romeo Fred Vasseur; "Je vais moi aussi donner un gros coup de freins en ligne droite pour tenter d’éliminer une Ferrari derrière moi puisque cela n’est puni que de dix secondes", a plaisanté Lando Noris), Max Verstappen estime qu’il a été traité injustement.

"J’ai l’impression que les règles et les pénalités ne sont pas les mêmes pour tout le monde, a-t-il tenté de se défendre. Au virage numéro 1, je n’ai fait que répéter ma manœuvre du Brésil qui n’avait pas été sanctionnée. Nous sommes tous les deux sortis de la piste et j’ai été le seul à être puni. Quand il m’a doublé en fin de course, Lewis m’a aussi emmené dehors et cela n’a même pas été noté par les commissaires. Deux autres pilotes ont fait la même chose que moi sans être pénalisés. Tout comme le non-respect de la distance maximale pour le tour de formation n’a donné lieu à aucune sanction. Honnêtement, je ne trouve pas cela très fair-play. Les règles devraient être claires et les mêmes pour tout le monde."

Cela va-t-il changer son attitude ce dimanche? "Non. Pourquoi? Je continuerai à me battre pour chaque centimètre et j’espère que cette fois l’arbitrage sera juste."

On souhaite surtout que ce superbe championnat se termine à la loyale, comme une vraie belle finale de F1 entre deux grands champions et non pas, comme l’a bien dit le champion 1997 Jacques Villeneuve, comme une "course de karts de location".