Bloquée à Kaboul, une sportive afghane voit son rêve d’aller aux Jeux paralympiques partir en fumée: «Aidez-moi»

La taekwondiste Zakia Khudadadi devait devenir à Tokyo la première femme afghane à participer aux Jeux paralympiques. Mais la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan a tout changé.

Bloquée à Kaboul, une sportive afghane voit son rêve d’aller aux Jeux paralympiques partir en fumée: «Aidez-moi»
Sans les talibans, Zakia Khudadadi aurait pu écrire l’histoire de son pays aux Jeux de Tokyo. ©© Comité paralympique

La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans impacte également les sportifs. Alors que Zakia Khudadadi aurait dû devenir la première femme à représenter l’Afghanistan aux Jeux paralympiques, le rêve de toute une vie est parti en fumée.

La championne de para-taekwondo, ainsi que son compatriote Hossain Rasouli, ne pourront finalement pas se rendre aux Jeux paralympiques, qui débuteront à huis clos ce 24 août à Tokyo, en raison de la situation très grave dans laquelle se trouve l’Afghanistan. «Tous les aéroports sont fermés et il leur sera impossible de partir pour le Japon» a annoncé le Comité international paralympique.

Lors de la précédente prise de pouvoir des talibans, les Afghans ne pouvaient pas participer aux Jeux Olympiques ou Paralympiques, et en particulier les femmes.

«Malheureusement, ils n’ont pas pu quitter Kaboul à temps», a précisé Arian Sadiqi, le chef de la délégation afghane, à l’agence de presse Reuters. «Ils étaient tous les deux impatients de partir et Zakia aurait pu être un excellent modèle pour toutes les autres femmes en Afghanistan. Lors de la précédente prise de pouvoir des talibans, les Afghans ne pouvaient pas participer aux Jeux Olympiques ou Paralympiques, et en particulier les femmes. Ces événements sont déchirants.»

En tant que femme afghane, je vous demande, à vous tous dans le monde, de l’aide.

Et pourtant, Zakia Khudadadi s’était préparée pendant 5 ans pour pouvoir vivre ce moment historique. «C’est la première fois qu’une athlète féminine représentera l’Afghanistan aux JO et je suis si heureuse», s’enthousiasmait-elle il y a encore quelques jours.

La jeune sportive de 23 ans a envoyé un message à l’agence Reuters déclarant qu’elle était «enfermée» avec sa famille. Elle avoue avoir peur de sortir pour s’entraîner, faire du shopping ou rendre visite à ses amis. «En tant que femme afghane et représentante de toutes les femmes afghanes, je vous demande, à vous tous dans le monde, de l’aide. Je veux participer aux Jeux Paralympiques et je veux que ce droit ne me soit pas enlevé non plus. J’ai beaucoup sacrifié et j’espère que ce n’était pas en vain. Aidez-moi.»

Aucun commentaire n’a été fait sur une aide éventuelle du CIP aux athlètes paralympiques afghans. «Nous espérons que l’équipe et son encadrement vont rester en sécurité pendant cette période difficile», a simplement indiqué Craig Spence.