Ces grands noms du sport qui ont souffert de dépression

De nombreux sportifs ont souffert de dépression et d’une santé mentale perturbée pendant leur carrière. Mardi, la gymnaste américaine Simone Biles s’est retirée du concours général par équipes olympique, évoquant les «démons dans (sa) tête» qui l’ont fragilisée.

Ces grands noms du sport qui ont souffert de dépression

Les suicides de Catlin et d’Enke

Triple championne du monde de poursuite cycliste par équipes, médaillée d’argent aux JO de Rio, l’Américaine Kelly Catlin s’est suicidée à 23 ans en mars 2019. Étudiante en mathématiques-informatique à Stanford, Catlin souffrait de dépression après deux chutes. «Après sa commotion cérébrale, elle a commencé à devenir pessimiste. La vie n’avait plus de sens. C’était une personne dépressive», selon son père.

En football, le gardien de but international allemand Robert Enke s’était lui aussi donné la mort en 2009.

Cavendish, Kittel, Dumoulin (cyclisme)

De l’enfer au paradis: le cycliste britannique Mark Cavendish, co-détenteur du nombre de victoires sur le Tour de France avec 34 succès, a expliqué en avril 2020 avoir surmonté deux ans d’une dépression diagnostiquée «en août 2018»: «J’étais sombre», «je crois que je m’en suis sorti, et c’est bien d’en être sorti», a raconté le coureur de la Deceuninck-Quick Step.

Autre grand sprinteur, Marcel Kittel, «épuisé», avait mis un terme à sa carrière à l’été 2019. «Les souffrances définissent le sport et le monde dans lequel tu vis. J’ai perdu toute la motivation de me torturer sur un vélo», avait alors expliqué l’Allemand.

Le Néerlandais Tom Dumoulin, vainqueur du Tour d’Italie et champion du monde de contre-la-montre en 2017, vice-champion olympique de la discipline aux JO de Rio, a expliqué en début d’année vouloir «faire une pause» pour «réfléchir (...) et chercher à savoir ce (qu’il veut) faire de (sa) vie». Il a depuis repris la compétition.

Naomi Osaka (tennis)

Numéro deux mondiale, la Japonaise avait créé une onde de choc en juin dernier en refusant de participer aux conférences de presse à Roland-Garros pour «préserver sa santé mentale». Osaka, qui a allumé la flamme des JO de Tokyo, avait admis avoir traversé «de longues périodes de dépression» depuis 2018. Mardi, elle a été éliminée dès le troisième tour du tournoi olympique en simple.

Phelps, Thorpe et Lochte (natation)

Immense star de la natation, Michael Phelps a lui aussi révélé avoir souffert d’épisodes dépressifs.

L’Américain, 28 médailles olympiques dont 23 en or, a souffert de dépression après chacun des JO auxquels il a participé, entre Sydney-2000 et Rio-2016. Lors de sa plus grave, après Londres en 2012, il avait passé des jours enfermé seul dans une chambre.

«J’ai pu réaliser certaines performances incroyables dans les piscines et je me suis battu en dehors», a reconnu le nageur américain.

L’Australien Ian Thorpe a aussi révélé en 2016 qu’il luttait contre la dépression depuis l’adolescence. Le quintuple champion olympique avait été hospitalisé en 2014 après avoir été retrouvé errant et désorienté à Sydney.

«Vu de l’extérieur, beaucoup ne pouvaient pas voir ma souffrance ou comprendre le combat parfois quotidien auquel j’étais confronté. Cela fait partie de la tromperie inhérente à la dépression et aux troubles mentaux», expliquait Thorpe.

Présent à Tokyo, l’Américain Ryan Lochte (12 médailles olympiques dont six en or), avait même dit avoir pensé au suicide après s’être fait épingler pour avoir inventé une histoire d’agression lors des JO-2016 de Rio. «Il y a eu des moments où je pleurais et je pensais: +Si je vais me coucher et que je ne me réveille jamais, tant mieux+» , expliquait Lochte en juin 2017.

Andrés Iniesta (football)

L’ancien footballeur espagnol Andrés Iniesta a traversé une période dépressive à 25 ans, juste après sa deuxième Ligue des champions remportée avec le FC Barcelone en 2009. Cette période coïncide avec le décès de son ami évoluant à l’Espanyol Dani Jarque, à qui il dédiera son but en finale de la Coupe du monde 2010. «Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai eu l’impression de recevoir un coup de poing (...) qui m’a assommé», a relaté l’ancien capitaine du Barça dans un documentaire.

Gascoigne (football), Dominici (rugby)

Autre cas emblématique, l’ex-footballeur Paul Gascoigne, 54 ans, 57 fois international avec l’équipe d’Angleterre, qu’il a conduite en demi-finale du Mondial-1990, souffre d’alcoolisme et de dépression depuis des années.

Star mondiale du rugby, le Français Christophe Dominici, décédé brutalement à 48 ans en novembre 2020 près de Paris, avait aussi exprimé dans un livre son mal-être pendant sa carrière.