VIDÉOS | «Belgium One Love»: l’hymne diabolique et déjanté de David Cretta et Jacky Mercury réveille notre belgitude

Passionnés de la coupe mulet et de leur pays, le DJ carolo David Cretta et l’ambianceur liégeois Jacky Mercury le sont également de football et de musique: de quoi offrir un cocktail explosif très second degré avec un nouveau hit composé à la gloire des Diables rouges en vue de l’Euro 2020. Rencontre.

Romain VEYS

Avec leur très dansant «Belgium One Love», David Cretta et Jacky Mercury signent un retour remarquable et remarqué à l’approche de l’Euro 2020 de football.

Ce n'est pas la première fois que cet improbable duo fait ainsi le buzz: en 2019 déjà, ils avaient enflammé la Toile belgo-belge avec leur ode improbable dédiée à «la coupe de cheveux des footeux», le désormais célèbre mulet.

Quelques heures après que l'Union belge ait dévoilé l'hymne officiel des Diables rouges pour le grand événement footballistique de cet été, le DJ carolo et l'ambianceur liégeois ont donc livré à leur tour un titre dédié aux Diables rouges.

À cette occasion, nous sommes partis à la rencontre de l’un des deux artistes, le Liégeois Jacky Mercury, lequel nous a ouvert les portes de sa demeure pour évoquer les coulisses de ce nouveau hit déjanté.

Un hymne de stade pour encourager les Diables

La porte d’entrée à peine franchie, l’univers de Jacky Mercury se dévoile sans retenue devant nos yeux ébahis.

Exhibant pour ainsi dire la même passion capillaire que notre hôte, un disque de Pierre Billon, artiste incontournable des quiz musicaux axés sur le kitsch, trône aux abords de la platine vintage en parfait état de marche. De l'autre côté de celle-ci, une statuette en plâtre à l'effigie de Serge Gainsbourg nous fixe du regard, tandis que Jacky prend soin d'allumer les deux grosses ampoules contre le mur.

«Cet espace, c'est mon espace, c'est l'espace de Jacky. Il paraît que l'énergie de la maison prend sa source ici, ça me va!»

«Image légère, bien belge»

Affublé du combo débardeur / training qu’un peignoir en éponge de la même couleur camoufle à peine, Jacky prend le temps de nous offrir le café. Parce que, contrairement à ce que l’on pourrait fantasmer, il ne dégoupille pas les canettes de chopes dès le petit matin.

 Avec Jacky (à gauche), David (à droite) et leurs amis, c’est tout un univers axé sur l’autodérision et le second degré qui s’ouvre à nous.
Avec Jacky (à gauche), David (à droite) et leurs amis, c’est tout un univers axé sur l’autodérision et le second degré qui s’ouvre à nous. ©D.R. / Nicolas Georges

«On est empli d'autodérision, je pense que c'est une particularité bien belge. C'est ce qui nous différencie de nos voisins français par exemple. On avait envie de coller à cette image légère, bien belge avec une tenue, un paysage et des clichés propres à notre culture

On avait envie de coller à cette image légère, bien belge.

C'est donc cette autodérision, ce second degré poussé à son paroxysme qui transpire au travers du projet musical qu'il mène depuis quelque temps maintenant avec son compère carolo, rencontré un soir de festival kitsch à Marbehan.

Un «hymne de stade» auquel s’identifier

«Tous les deux, on est fan de la coupe mulet, de Belgique, de foot et de musique. On voulait donc faire un hymne de stade. Ou quelque chose qui pouvait s'y rapprocher quelque chose auquel on pourrait s'identifier une fois qu'on arrive au stade, évoque Jacky au moment d'expliquer l'origine du projet «Belgium One Love». On a donc conçu le morceau pour qu'il soit identifié au football, en lui donnant un rythme et certains gimmicks appartenant au monde du foot

 La ferveur du stade est présente dans le clip. Même sans stade.
La ferveur du stade est présente dans le clip. Même sans stade. ©D.R. / Violaine Alghisi

Et si le projet peut sembler de prime abord partir d’une blague entre potes, le rendu final s’avère particulièrement réussi, n’ayant absolument rien à envier aux plus grosses productions dance du moment.

«On a surtout eu la chance d'avoir des gens qui sont venus nous trouver parce qu'ils avaient envie de collaborer, reprend Jacky. Du coup, ça ne nous a pas coûté grand-chose. Et c'est ainsi qu'on a travaillé avec un véritable compositeur de musique, dans son studio. On est fan de la musique des années 90 et on lui expliquait à chaque fois ce qu'on voulait, la moindre sonorité, un petit sample que l'on entend par exemple dans tel ou tel morceau ... Et lui nous a mis tout ça en musique» pour un rendu, au final, très pro.

On a eu la chance d’avoir des gens qui sont venus nous trouver parce qu’ils avaient envie de collaborer.

Déclamant ainsi leur amour à la patrie, David Cretta et Jacky Mercury espèrent que cet hymne dédié aux Diables rouges pourra lui aussi retentir dans les grandes arènes du football belge. Et pas seulement: «Si l'hymne passe un jour dans un stade belge, on sera heureux. Et si les gens sautent dessus pendant l'Euro, en finale après le troisième but contre les Français, ce sera magnifique ...»

Si les gens sautent dessus pendant l’Euro, en finale après le troisième but contre les Français, ce sera magnifique!

Un clip haut en couleur

Avec la complicité du réalisateur Jamez Ultra - déjà derrière la caméra pour le clip du Mulet - et de quelques amis, le duo a parcouru les plus grandes places du royaume, testé les plus clichées de nos spécialités gustatives et rapporté le tout dans un clip qui rend hommage tant à la Belgique qu'à notre «belgitude».

 Danser en haut des terrils carolos: une image qui colle à la peau de Jacky et David.
Danser en haut des terrils carolos: une image qui colle à la peau de Jacky et David. ©D.R.

«Si on dit à quelqu'un qu'on a bu une pinte, qu'on a mangé une gaufre de Liège et qu'on s'est tapé une mitraillette, tout de suite, on sait qu'on est Belge et qu'on est en Belgique», se délecte ainsi Jacky.

Si on dit qu’on a bu une pinte, mangé une gaufre de Liège et qu’on s’est tapé une mitraillette, on sait qu’on est en Belgique.

De Liège à Bruges en passant par Binche, Charleroi, Bruxelles ou Gand, le duo s'est baladé durant six jours entiers afin de tourner le clip. «On est allé jusqu'à Ostende, l'endroit le plus proche de l'Angleterre, où se jouera la finale. Pour rejoindre Londres à la nage», sourit encore Jacky.

Et pour se fondre un maximum dans l'atmosphère vintage qu'ils aiment tant, le duo a pu compter sur les nombreux objets originaux de Jacky et David Cretta. «Une véritable collection qui, petit à petit, devient impressionnante. Tout est vrai. Comme ce vieux GSM que j'ai dans ma poche (NDLR: il tire alors de sa poche de peignoir un vieux Nokia de première génération). Ça nous permet d'être à fond dans nos personnages.»

L’hymne officiel «Deviltime» vu par Jacky Mercury

Alors que l'Union belge a sorti un hymne officiel aux relents de MC Hammer, propulsé au rang de star des 90s avec son incontournable «U can't touch this», Jacky Mercury commente en vidéo le choix de la fédération, non sans un petit clin d'œil à destination des pontes du foot belge!