Mondiaux d'athlétisme: les relais belges font d'une pierre trois coups

VIDÉOS | Les Tornados, mais aussi les Cheetahs, disputeront la finale du 4x400 mètres des Mondiaux, ce dimanche soir à Doha. Avec l'assurance d'aller aux Jeux de Tokyo. Comme le relais mixte.

David Lehaire
Mondiaux d'athlétisme: les relais belges font d'une pierre trois coups
©Belga

Ils se sont congratulés, se sont embrassés et ont partagé leur bonheur. L'image de huit Belges, tout sourire, au milieu du Khalifa Stadium, vaut le détour. Les Cheetahs et les Tornados sont qualifiés pour les finales du 4x400m de ce dimanche soir (20h15 et 20h30, heure belge). Cette place dans le Top 8 mondial les assurent d'une participation aux Jeux de Tokyo. Autant, on s'y attendait pour Dylan Borlée, Julien Watrin, Jonathan Sacoor et Kevin Borlée, autant Hanne Claes, Imke Vervaet, Paulien Couckuyt ont réussi un véritable exploit.

Quatrièmes de leur série en 3:26.58, elles ont décroché leur billet pour le grand rendez-vous dominical au temps, pulvérisant le record de Belgique signé il y a un an à Berlin (3:27.69). « On a réussi la course parfaite, lança Paulien Couckuyt. Il n'y a pas eu un raté, mais je ne m'attendais quand même pas à un tel chrono. » Camille Laus, instigatrice du projet féminin, et ses copines touchent là la récompense à leur perséverance. « Quand on s'est lancé dans l'aventure il y a un an et demi, c'était avec l'objectif d'aller aux JO. Personne ne nous croyait et on y est, lance la compagne de Kevin Borlée. Mais on est vraiment une bande d'amies, on se sert les coudes, on court les unes pour les autres. » Et quatorze mois après leur quatrième place de l'Euro berlinois, les voilà en finale planétaire. « On n'a plus aucune pression, mais nous avons encore de l'énergie à revendre », estime Hanne Claes, qui prendra le départ de sa cinquième course de la semaine !

Camille Laus : « Je pensais que j'allais perdre connaissance »

Des forces, Camille Laus en avaient manqué à la fin de son relais. Complètement exsangue, elle dut faire un passage par l'infirmerie pour reprendre ses esprits. « J'étais vidée. Je pensais que j'allais perdre connaissance. Je savais que nous étions qualifiées, mais j'étais incapable d'en profiter avec les autres. J'étais totalement absente. Je me suis sentie mal, j'ai vomi cinq fois... Et, maintenant, je me sens de nouveau d'attaque », confie-t-elle.

D'attaque, les Tornados le sont assurément. Deuxièmes de leur série derrière les Jamaïquains, ils ont affiché toute leur maîtrise et ont signé leur troisième chrono de tous les finalistes (3:00.87). « On n'a jamais douté. On a fait prévaloir notre expérience », assure Jonathan Sacoor, à la manière d'un vieux briscard. « L'enjeu était énorme ce soir, enchaîne Julien Watrin. Il nous fallait ce ticket olympique. »

Déjà à Doha il y a neuf ans

lls n'ont jamais craint de ne pas le valider dès ce samedi. Et ce soir, à Doha, là même où ils décrochèrent en 2010 la première de leur douze médailles internationales à l'occasion des Mondiaux en salle, les quintuples champions d'Europe tenteront de se hisser sur le podium planétaire. « Il s'agit de notre sixième finale mondiale d'affilée, rappelle Kevin Borlée, le capitaine de route, qui continue à serrer les dents face à la douleur. « J'ai des tensions à la hanche, la cuisse, les ischios », dit-il en se tenant la jambe droite. Mais vous pouvez compter sur lui ! Il entend amener les Tornados encore plus, plus vite que ce samedi. « Oui, on peut faire mieux. Mais ne me demandez quel chrono il faudra faire pour aller chercher une médaille. Ça ira vite, c'est tout ce que je sais. » « Nous n'avons aucun contrôle les autres. Concentrons-nous donc sur nous. Point ! », assène Dylan. Face à eux, ils trouveront l'ogre américain, la Jamaïque, les redoutables Colombiens, le Botswana, l'Italie, Trinidad-et-Tobago, ainsi que la France. Les Cheetahs auront, elles, comme adversaires les USA, la Jamaïque, la Grande-Bretagne, la Pologne, le Canada, l'Ukraine et les Pays-Bas.

Quel que soient l'issue des ces finales, voilà la Belgique assurée d'avoir trois relais 4x400 mètres l'an prochain aux JO, puisque le quatuor mixte a décroché son billet le week-end dernier. « Oui, et dire qu'on n'a failli n'en avoir qu'un ici », peste Kevin. « Cette triple qualification pour les JO prouve que la Belgique est un vrai pays de 400 mètres », conclut Sacoor.