Charleroi et Mons: quel échec!

Les deux clubs hennuyers, éliminés dès les 1/4 de finale en play-off, ont raté leur saison. Ils vont repartir sur des bases bien différentes.

Pascal Alexandre
Charleroi et Mons: quel échec!
BELGIUM BASKET CUP QUARTER FINAL MONS VS CHARLEROI BELGIUM BASKET CUP QUARTER FINAL MONS VS CHARLEROI ©BELGA

Il est loin le temps (saison 2003-2004) où trois équipes wallonnes (Charleroi, Liège et Pepinster) disputaient ensemble les demi-finales des play-off. Cette année, pour la première fois depuis la saison 1984-1985, aucun club du sud du pays ne figure dans le dernier carré. Si l’on peut se montrer indulgent envers Pepinster et Liège, aux ambitions et aux moyens financiers limités, il n’y a qu’un mot pour qualifier la saison de Charleroi et de Mons: échec! Quelles en sont les causes? Éclairage.

1. Charleroi: champion… de l'instabilité et du déséquilibre Annoncée comme une année de reconstruction, devant servir de tremplin pour aller reconquérir le titre dès la saison prochaine, la saison de Charleroi a surtout été celle de l'instabilité. «On n'en finit plus de… finir un cycle qui a duré bien trop longtemps», estime Jacques Ledure, nouveau conseiller du club arrivé en janvier. Désormais, c'est le tandem Jean-Jacques Cloquet-Gabriel Jean qui dirige le club, alors qu'Éric Somme et Benoît Cuisinier se sont effacés. Giovanni Bozzi, propulsé en son temps, président, quitte officiellement le club en cette fin de saison. Objectif du nouveau duo: assainir enfin les finances. Le club a accusé une perte de 3 millions€ lors des saisons 2013-2014 et 2014-2015. «On a vécu dans le luxe, en dépensant sans compter durant 10-15 ans, et en négligeant la formation», glisse encore Ledure. Sportivement, le club ne répond plus aux attentes depuis la perte du titre en 2012. La mise à l'écart à la mi-mars du coach Jacques Stas souhaitée par une bonne partie des joueurs («On ne pouvait pas faire autrement», dixit Ledure) et son remplacement par Pascal Angillis n'aura pas été une réussite. «Notre noyau n'avait pas été construit de manière équilibrée», constate encore Ledure. Le jeu carolo a bien trop reposé sur les frères Baron alors que le secteur intérieur manquait de poids et de talent. Le Spirou a bien tenté de rectifier le tir en fin de saison en recrutant McCrea… qui n'était toutefois pas en ordre physiquement. Manque de chance? Peut-être pas uniquement… Le nouveau coach Fulvio Bastianini, qui a paraphé un contrat de trois ans, entend partir sur d'autres bases (voir ci-dessous).

2. Mons: manque de caractère, et de talent Vice-champion en titre à deux reprises lors des trois dernières saisons et éliminé sur un coup de dés en demi-finale face à Alost il y a deux ans, Mons a vécu une saison pourrie, alors qu'on croyait son noyau bâti pour mettre à mal la suprématie ostendaise. L'absence de John Fields (poignet), de septembre à janvier, n'explique pas tout. Les Renards ont manqué de régularité, malgré un début de saison convaincant et une belle série de six succès dans le Final Round B (il n'aurait plus manqué que l'Union se plante aussi face à de modestes adversaires…).

Trop tendres au niveau du caractère, les Montois n'ont jamais été à 100% réceptifs au discours d'Yves Defraigne. «Comme l'ensemble du staff, il s'est remis en question, très tôt même dans la saison, mais il n'est pas parvenu à trouver l'élément déclencheur qui aurait permis de transformer une bonne petite équipe en une équipe de gagneurs, juge le manager Thierry Wilquin. N'oublions pas que ce sont les joueurs qui sont sur le terrain, il ne faudrait pas se tromper de cible. Ils manquaient certainement de qualités, mais surtout d'implication. Ils n'ont pas accompli le sacrifice ou l'effort nécessaire pour le bien de l'équipe, en se jetant sur les ballons ou dans la bagarre du rebond, par exemple. Chaque joueur, ou presque, cherchait aussi à se déculpabiliser en se disant qu'il y en avait toujours un qui avait été plus mauvais que lui.»

Avec Yves Defraigne qui prestera sa dernière année de contrat la saison prochaine, le noyau va être largement remanié. Tous les Belges sont toujours sous contrat, à l'exception de Bosco (35 ans en septembre), que le club aimerait conserver mais qui n'a reçu qu'une proposition de prolongation de contrat d'un an. Côté américain, seul Cage figure toujours sous contrat. Bucknor, Arnold, Nichols, Fields et très sûrement Staten vont faire leurs valises. «Concernant Fields, nous allons chercher un 5-4 plus polyvalent, pour des raisons budgétaires. L'enveloppe globale risque plus de diminuer que d'augmenter.»