Benoit Aerts quitte les bancs de presse

Après 19 ans de journalisme sportif, Benoit Aerts lâche le micro pour un nouveau défi: attaché au cabinet de l’échevin namurois des sports.

Florent Marot
Benoit Aerts quitte les bancs de presse
20150823_142353.jpg ©D.R.

Ce n'est pas le coup de sifflet final mais plutôt celui de la mi-temps pour Benoit Aerts. Tombé à 21 ans dans l'univers du journalisme sportif, il a parcouru tous les terrains de la province, publié dans toutes les gazettes (il est chroniqueur de «L'Avenir» en basket pour les jeunes) et participé aux émissions sportives de Canal C. Namurois pur jus, Benoit loue les qualités humaines et relationnelles du sport régional. «En 19 ans, j'ai fait 99 pourcent de belles rencontres. »

En compétitions européennes avec Namur Capitale ou en derbys de foot provincial, il a toujours connu la même ferveur. «Quand je commente un match, que cela soit en P3 ou en D3, je le fais comme si je devais commenter un match de Champion's League, sourit l'intéressé. J'ai pris autant de plaisir à commenter Namur – Meux que si j'avais fait Standard – Anderlecht. Attention, si on m'offrait l'opportunité de commenter une finale de Coupe du monde, je ne cracherais pas dessus.»

La Sibérie… sans caméra

Une carrière de 19 ans au service du sport régional, c'est aussi et surtout un paquet d'anecdotes. Notamment à l'étranger, paradoxalement. «J'ai été trois fois en Sibérie, à Samara, pour les matches de Coupe d'Europe de Namur. Capitale. La première fois, la caméra a été confisquée à Moscou, à l'aéroport.» Quelques arrangements avec le manager d'Ann Wauters, illustre compatriote et gardienne de la raquette russe, ont permis de sauver le voyage. «La deuxième fois, ils ont perdu les bagages, dont la caméra. On l'a récupérée à l'hôtel […] ou encore à Aische, j'ai fait tomber la bonnette du micro et un chien l'a mangée. Difficile d'expliquer au téléspectateur pourquoi le son était si parasité par le vent. »

Mais le journaliste namurois n'a pas seulement suivi le sport. Il a couvert, entre autres, la politique et l'actualité namuroise mais aussi nationale. «Il y a une quinzaine d'années, je suis parti au Kosovo, comme jeune journaliste, avec les Commandos de Flawinne et André Flahaut, alors ministre de la Défense», se souvient-il.

Le cœur léger

C'est «sans ennemis connus» que Benoit Aerts quitte l'univers de la presse sportive. «J'ai toujours privilégié l'entente sur le long terme, je n'ai jamais été un grand amateur de scoop. J'estime que la qualité du travail sur la longueur prime sur le coup d'éclat.» Mais malgré tous les beaux côtés, le sport namurois n'est pas toujours tout rose. «Je me souviens de l'arrêt cardiaque de Gilles Merckx lors d'un Schaltin – Arquet. Le soir même, nous étions mal à Canal C. L'humain prend alors le dessus sur le professionnel.» Gilles Merckx est heureusement sorti du coma, plusieurs jours après l'incident.

«C'est un boulot génial mais qui exige de nombreux sacrifices. Un jeune qui commence doit être très passionné.» Sur les terrains le samedi soir, le dimanche, en reportage ou au bureau 7 jours sur 7 et parfois à toutes les heures, ce journaliste indépendant n'évoque qu'un seul regret sur la couverture du sport. «Ce sont des choix et je ne porte aucun jugement sur ceux-ci. Mais je me demande pourquoi il n'y a pas une politique sportive plus poussée à Canal C. Pourquoi le sport est limité aux émissions du dimanche et n'est-il pas développé durant la semaine? Il y a des contraintes financières et des choix que je respecte. Mais pourquoi les autres télévisions locales y arrivent et pas Canal C? » questionne Benoit Aerts.

Joueur de basket depuis sa tendre enfance, mais également coach actuel de l'équipe première basket de Malonne où il reste en place, Benoit a connu des moments d'euphorie, loin de la table de presse. «À Loyers, j'ai vécu comme entraîneur la montée en régionale avec les dames et la montée en D3 avec les hommes.»

Dès le mois d'avril, le Salzinnois participera différemment au sport namurois. «Plutôt que de suivre et analyser la politique sportive namuroise, je vais pouvoir y contribuer», s'enthousiasme-t-il. Il sera attaché au cabinet de l'échevin des sports de Namur, Baudoin Sohier, qu'il conseillera en remplacement d'Éric Adam, parti à la pension. Une deuxième mi-temps, différente, mais pas moins enrichissante.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...