Sécurité: la F1 a compris, mais pas l’UCI

Il est toujours difficile d’avoir le recul nécessaire quand survient un drame comme à Wevelgem, un drame qui arrache à la vie un coureur cycliste, un gamin qui faisait son métier avec la plus belle des consciences.

Didier MALEMPRE
Sécurité: la F1 a compris, mais pas l’UCI
Peloton ©Reporters

Mais c’est d’abord un fils, un frère, un époux qui s’en va, victime de circonstances particulières qu’on appelle l’accident.

On l’a écrit ci-contre: le risque zéro, en sport comme dans la vie, n’existe pas. Et loin de nous l’idée de fustiger le pilote de la moto qui a écrasé Antoine Demoitié. Ce pilote était chevronné et connaissait les arcanes de la course. Il est le premier à pleurer Antoine, et l’enquête en cours ne ramènera pas le Nandrinois à la vie. Mais, à force d’observer l’évolution de ce sport cycliste, il faudra bien un jour que l’UCI prenne enfin des mesures pour ne pas que chaque course devienne les jeux du cirque. Le sponsoring est un mal très nécessaire en cyclisme et on comprend que les organisateurs ont à cœur de rendre la pareille à leurs généreux mécènes. En offrant des places dans une foultitude de véhicules, devant, dans et derrière la course. Cela donne un défilé incalculable de véhicules qui ne sont pas sur la course pour assurer la sécurité des coureurs. Et qui ont d’ailleurs fait déserter les véhicules de presse des parcours.

Et, soit écrit en passant, chaque épreuve s’apparente souvent au miracle, en regard du peu d’accidents graves. Mais jusqu’à quel point de rupture?

Aujourd'hui, le peloton est sous le choc et il compte ses blessés et ses morts. C'est cruel, mais comme le disait Marc Madiot, le manager de la FDJ, « il y a plus de morts en cyclisme qu'en Formule 1». La formule n'est pas inexacte. Ce qui tend surtout à démontrer que la F1 est parvenue à donner la priorité à la sécurité des pilotes. La FIA a compris, l'UCI non.

Car, au-delà des accidents en course, sans qu’il soit besoin d’évoquer les accidents cardiaques (on songe ici à note compatriote Daan Myngheer), il faudra aussi se pencher un jour sur l’évolution du matériel.

Des exemples? Les freins à disque, qui peuvent vous hacher menu en cas de chute. Le poids des vélos, que l’UCI veut réduire à 6,8 kgs. Une ineptie, que dénonce depuis des années Eddy Merckx. En cas de chute, les fourches cassent et on passe par-dessus le vélo, comme l’a fait Debusschere sur Wevelgem, et qui s’en tire encore à bon compte.

Alors: motos trop nombreuses, matériel trop léger et donc fragile, pression des sponsors: le chantier, et on espère un jour qu’il va débuter avec TOUS les acteurs du cyclisme, est immense.