Sebastian Cœ à son tour sur la sellette

Dopage, corruption et maintenant conflit d’intérêts? Une nouvelle polémique frappe la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF): son président Sebastian Cœ est accusé par la BBC d’avoir usé de son influence dans l’attribution des Mondiaux-2021 à Eugene, siège de l’équipementier Nike… dont il est l’ambassadeur payé à hauteur de 142 000€/an alors qu’il préside l’IAAF sans y percevoir de rémunération.

La BBC affirme avoir eu accès à un courriel de Nike suggérant un lobbying de Cœ auprès de son prédécesseur, le Sénégalais Lamine Diack, pour confier les Mondiaux-2021 à la ville américaine. «Je n'ai pas fait de lobbying auprès de qui que ce soit», s'est défendu l'Anglais sur le site de l'IAAF qui le soutient. Mais ces accusations tombent au plus mal, juste avant la réunion du conseil de l'IAAF, ce vendredi à Monaco, et moins de trois semaines après le scandale de dopage organisé en Russie.

Elles ternissent l’image de Cœ, l’ex-champion olympique, élu en août pour succéder au controversé Diack et jouer les chevaliers blancs mais… toujours sous contrat avec Nike. Plus largement, elles jettent le doute sur la probité des grandes instances mondiales du sport, supposées porter des valeurs morales fortes mais dont la crédibilité a été largement entamée depuis le scandale FIFA.

«Il y a un extraordinaire parallélisme entre la FIFA et l'IAAF, Blatter et Diack, ou encore Platini et Cœ, analyse Michael Tapiro, fondateur de la Sports Management School de Paris. Platini et Cœ appartiennent à une nouvelle génération, ont tenté une mini-révolution mais subissent tous deux un retour de boomerang incroyable de la part du système dont ils sont issus.» C'est le moins qu'on puisse dire… Et on peut prévoir que les retours de flamme seront de plus en plus violents pour ceux qui ont tendu le bâton pour se faire battre. Dans un entretien à The Independent, le président de la commission d'enquête de l'Agence mondiale antidopage, Dick Pound, promet de nouvelles révélations début 2016: «Il y aura un effet de sidération. Les gens se demanderont comment ça a pu être possible. C'est une trahison complète de ce que les gens en charge du sport devraient faire».