« C’est moi qui soutenais mes proches »

«Un an près mon arrêt, j’ai déjà atteint deux de mes trois objectifs: gagner ma bataille contre la maladie et être de retour au sein du Team Belgium.

D. Le.

Il me reste à me qualifier pour les JO.»

Tarik Moukrime a déjà établi son programme pour être au Brésil en août. Des cross et de la piste en salle cet été. Ensuite, des stages en altitude, au Kenya, au Maroc et en France. «Je n'irai sans doute pas à l'Euro d'Amsterdam (6 au 10 juillet) car il tombe mal dans le calendrier.»

À Rio, il espère retrouver Thomas Van der Plaetsen. Comme ça, ils pourront sourire en se disant qu'ils ont joué un vilain tour à la maladie. «C'est sûr que l'on est plus proche l'un de l'autre désormais, confirme le Verviétois. On échange beaucoup.»

Depuis qu'il est sorti de l'enfer, Moukrime donne aussi plus la parole à ses émotions. «Pendant mon traitement, je ne montrais pas ma souffrance, je n'en parlais pas à mes proches. À la limite, c'était même moi qui les soutenais. À un moment, mon organisme a craqué. J'ai pris conscience que je ne devais plus tenter de faire bonne figure alors que je ne me sentais pas bien. Quant à Henri (Salavarda, son entraîneur), je dois parfois le secouer parce qu'il veut me ménager. Il a été un peu perdu… Je ne me cache pas derrière mon histoire, je m'entraîne à fond.» Et son retour à la compétition, ce fut le 4 octobre. Il gagna les 10 km de Liège (en 30.50). «Au départ, j'ai eu une grosse émotion. Après 6 kilomètres, je n'en pouvais vraiment plus. Avant, j'aurais levé le pied.» Mais ça, c'était avant!