Poutine veut sa propre enquête

Vladimir Poutine est entré dans la danse du scandale du dopage des athlètes russes, hier soir, en ordonnant une enquête… russe.

«Nous devons tout faire en Russie pour nous débarrasser de ce problème», a déclaré le président russe, lors d’une réunion tenue avec des responsables sportifs à Sotchi. La réaction du maître du Kremlin au pavé dans la mare lancé par l’Agence mondiale antidopage (AMA) était très attendue.

«Il faut effectuer notre propre enquête interne […], a précisé M. Poutine. Ce problème n'existe pas qu'en Russie, mais si nos collègues étrangers ont des questions, il faut y répondre.» Le chef d'État a fait du sport sa priorité stratégique pour l'aura de son pays et aura peut-être (?) été surpris que ses services secrets sont cités par l'AMA pour leur présence intrigante dans le laboratoire antidopage de Moscou.

Les sportifs russes «lutteront pour 181 médailles personnelles et 31 médailles en équipe» a cependant prévenu le président en pensant au prochain Jeux de Rio. Alors que le Conseil de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) – où siège Mikhail Butov, le secrétaire général de la Fédération russe d'athlétisme, qui reconnaît que «Nous avons un problème avec le dopage» – doit décider, ce vendredi, d'une éventuelle suspension de la Russie de toute compétition, dont ces JO-2016, M. Poutine a insisté pour que les sanctions soient «individuelles» et non pas collectives.

Dans son rapport, l'AMA a accusé le chef du laboratoire antidopage moscovite, Grigori Rodtchenkov, d'être au cœur d'un système généralisé de dopage, en faisant détruisait les échantillons positifs. M. Rodtchenkov a démissionné mardi, les Russes se disant prêts à le remplacer par un spécialiste étranger. Dans son rapport, l'Agence a encore estimé que le système de dopage identifié n'a pas pu exister «sans l'approbation tacite ou explicite des autorités du gouvernement russe».

Au-delà du dopage, cet IAAFgate est marqué par des soupçons de corruption. Lamine Diack, accusé d'avoir couvert le dopage russe, a remis son mandat honoraire au CIO. Thomas Bach, le président de ce dernier, a dit toute sa déception par rapport à l'IAAF mais a affirmé faire «confiance» à son nouveau président, Sebastian Cœ, pour «nettoyer» l'institution.