La Russie veut montrer sa… bonne volonté

Accusée de dopage organisé , la Russie semble donner des premiers gages de «bonne volonté»… Elle s’est dite prête à nommer un «spécialiste étranger» à la tête du laboratoire antidopage de Moscou, dont le directeur a démissionné.

«Nous avons un problème avec le dopage», a affirmé Mikhail Butov, le secrétaire général de la Fédération russe d’athlétisme, à la BBC.

Sa voix est importante puisqu'il est l'un des 27 élus du Conseil de l'IAAF qui devront décider demain d'une éventuelle suspension de la Russie de toute compétition, dont les JO 2016. Hier soir avait lieu une réunion entre les responsables sportifs russes et le président Vladimir Poutine. Une prise de parole du N.1 russe est très attendue. De son côté, le Comité olympique russe (ROC) a appelé «le CIO et l'IAAF à tenir compte du droit des athlètes honnêtes à participer aux compétitions internationales».

«La Russie n'est pas le seul pays, ni l'athlétisme le seul sport, à faire face au problème du dopage organisé» , a asséné l'AMA dans son rapport. «C'est injuste de se concentrer uniquement sur la Russie. Il devrait y avoir la même enquête sur des pays comme le Kenya et l'Éthiopie», a déclaré au «Guardian» Andrey Baranov, un agent d'athlètes qui collabore avec l'AMA. La Chine est aussi régulièrement pointée du doigt par les experts. Et quid des sports potentiellement touchés? Outre l'athlétisme, la natation, le ski de fond et l'aviron sont évoqués dans le rapport.

Au-delà de la seule question du dopage, ce scandale est marqué par des soupçons de corruption. Le Sénégalais Lamine Diack (82 ans) est accusé d’avoir couvert le dopage d’athlètes russes moyennant finances. Il a démissionné de son poste au CIO, dont il était un membre honoraire.

«Je n'aurais jamais pu imaginer que dans une fédération internationale, le management sollicite de l'argent des athlètes dans le but de manipuler les résultats d'une compétition», a déploré le N.1 du CIO, Thomas Bach, qui fait «confiance» au nouveau président de l'IAAF, Sebastian Cœ, pour «nettoyer» l'institution.