Blade Runner courra-t-il de nouveau?

Oscar Pistorius devrait être libéré ce prochain mardi, sous conditions, et en attendant son procès en appel. Recourra-t-il?

Blade Runner courra-t-il de nouveau?
SAFRICA-TRIAL-PISTORIUS-PAROLE-FILES ©AFP

Le champion paralympique sud-africain Oscar Pistorius, condamné à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie, devrait être libéré de façon anticipée mardi prochain après un an de détention, mais cette libération pourrait n’être que provisoire, son procès en appel étant prévu le 3 novembre.

«La commission des libérations anticipée a pris en compte tous les éléments, y compris le rapport sur le condamné, les directives de la commission d'appel et les indications de la famille de la victime Reeva Steenkamp», selon les services pénitentiaires.

Les conditions de sa libération anticipée n’ont pas encore été dévoilées mais l’ancien athlète devrait, selon toutes probabilités, être confiné à son domicile plusieurs heures par jour, être soumis à des travaux d’intérêt général, suivre une psychothérapie, tout en se voyant interdit de manier des armes.

Oscar Pistorius, 28 ans, était en théorie libérable depuis le 21 août, la loi sud-africaine permettant aux condamnés pour homicide involontaire de sortir après avoir purgé un sixième de leur peine.

Au cours de son procès-fleuve retransmis en direct à la télévision, l'ancien sportif avait plaidé la méprise: il a affirmé qu'il pensait qu'un voleur s'était introduit dans sa maison ultrasécurisée et s'était caché dans les toilettes. Le 21 octobre 2014, la justice l'a condamné à cinq ans de prison pour «homicide involontaire».

«Décision attendue», selon la famille de la victime

Les parents de la victime, June et Barry Steenkamp, ont estimé que cette libération anticipée était «attendue».

Ils « ne sont pas du tout surpris», a réagi leur avocate, Tania Koen. «Mais cela ne change rien à leur vie. […]. Que Pistorius soit détenu ou libéré de façon anticipée, leur fille ne reviendra pas», a-t-elle ajouté.

La commission des libérations anticipées s’était déjà prononcée en juin pour la libération d’Oscar Pistorius le 21 août, mais à la dernière minute le ministère de la Justice s’y était opposé.

Le champion olympique n’est pourtant pas au bout de ses ennuis judiciaires. Son procès en appel, à la demande du ministère public, est fixé au 3 novembre. Le parquet a en effet fait appel de sa condamnation pour «homicide involontaire» et demandé que les faits soient requalifiés en «meurtre».

La Cour suprême d’appel pourra soit modifier le verdict et condamner éventuellement Oscar Pistorius à une peine plus lourde, soit décider de renvoyer le procès en première instance.

Premier athlète handicapé à courir avec des valides lors des JO de 2012, Pistorius, surnommé «Blade Runner» avait fait la fierté de l’Afrique du Sud et de millions de handicapés dans le monde. Une fois libéré, des sources proches de l’athlète affirment qu’il veut reprendre l’entraînement. Mais personne ne sait s’il envisage sérieusement de revenir au plus haut niveau sportif. Toute reprise d’une activité professionnelle doit de toute façon être approuvée par les services correctionnels.