John Tofi, le guerrier samoan d’Alost

L’intérieur d’Okapi né aux États-Unis connaît tout du rugby et de l’histoire de l’île dontil est originaire. AlostSamediMons20h30

David Lehaire
John Tofi, le guerrier samoan d’Alost
john tofi ©Belga

C'est l'histoire d'un mec qui aurait pu exercer plein d'autres métiers que celui de basketteur. «Quand j'ai découvert ce sport à 14 ans, je ne pensais jamais que j'en vivrais un jour , dit-il. Je n'étais vraiment pas le plus doué mais je suis tombé amoureux de cette balle orange. »

L'histoire de John Tofi a commencé au cœur de San Francisco. Mais elle aurait tout aussi bien pu débuter sur une île paradisiaque perdue dans l'océan pacifique. Car ce double mètre installé aujourd'hui à Alost avec sa femme et ses trois enfants – qui jouent d'ailleurs pour le compte des Okapis – est de nationalité samoane. «Mes parents ont quitté Samoa pour les États-Unis dans les années 50 car, nous ont-ils dit, ils voulaient offrir une meilleure vie à leurs enfants. Moi je suis né sur le sol américain mais je suis samoan. Chaque été, nous retournions là-bas car notre culture et notre sang sont samoans. »

À la maison, les Tofi mangent les plats typiques de chez eux. Au menu, beaucoup de légumes, de poulet et de noix de coco. « Nos parents ont éduqué mes quatre frères, mes deux sœurs et moi selon les valeurs samoanes. On nous a appris à toujours faire passer les autres avant nous.» Même s'il regrette de ne plus être retourné là-bas depuis dix ans déjà, celui qui s'affiche depuis peu avec de longs cheveux dans la nuque et une barbichette connaît tout de Samoa. À commencer par le rugby, véritable institution en Océanie. «Je suis né aux États-Unis et on n'y joue pas beaucoup au rugby. Mais, quand on passait nos vacances sur notre île, je jouais au rugby. Je suis tous les résultats de l'équipe nationale. Vous savez que l'un de mes cousins germains, Eroni Clarke, a fait partie des All blacks dans les années 1990. C'était dommage pour Samoa mais il est né en Nouvelle-Zélande! »

Foot US à Frisco

De son côté, John Tofi a passé sa jeunesse à jouer au foot US dans les rues de San Francisco. «J'en étais dingue mais, un jour à l'école, on s'est mis au basket et j'ai mordu à l'hameçon.» Grand et costaud, il gravit un à un les échelons qui mènent au sport professionnel. «J'ai commencé à croire en mes chances quand j'étais à l'université. Et à la fin de mon cursus, j'ai eu plusieurs offres venant de l'étranger. Je me suis fié à mon agent qui m'a assuré que la Belgique était un pays idéal pour un basketteur. Il ne s'était pas trompé. Depuis, j'ai pu vérifier que les gaufres et le chocolat belges sont uniques au monde.»

Depuis qu'il est arrivé à Pepinster en 2009, il a eu le temps de tomber sous le charme de notre pays. «On peut aller d'un coin à l'autre en une seule journée. En plus, vous avez plusieurs très belles villes et beaucoup de gens parlent anglais.»

Après un passage par Louvain, Tofi a franchi un palier à Alost où il est en train de prendre une nouvelle dimension depuis le début de cette campagne, sa troisième au Forum (18 pts, 7,7 rbds et 2,2 ass de moyenne). «Les deux premières années, mon niveau n'était pas comparable à celui d'aujourd'hui. Maintenant, je peux dire que suis une des armes offensives de l'équipe. J'ai, donc, bien fait de perdre sept kilos cet été, non? »

Tatoos

À 30 ans, ce géant de 2,03m prend donc sa pleine mesure au sein d'une formation toujours invaincue. «C'est une surprise que nous n'ayons pas encore perdu car il y a eu plusieurs joueurs blessés mais les dirigeants ont effectué un boulot remarquable et j'ai l'impression que nous grandissons encore au fil des matches.» Ce samedi, les Alostois accueillent Mons. «Les Hennuyers n'ont peut-être pas encore trouvé la bonne carburation mais je sais qu'ils campent un candidat au sacre national. Mais bon, je ne vous cache pas que ce titre de champion de Belgique constitue mon objectif. »

Et si son souhait devait se réaliser, quelque chose nous dit que John Tofi se fera dessiner un nouveau tatouage. «C'est une vraie passion. J'en ai sur les bras, le torse, le dos… Au total, j'en ai onze. » Sans doute s'agit-il de onze pages de l'histoire de ce guerrier samoan.

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