Mémorial Van Damme: l’erreur de (Belga)com’

Oups, boulette… Sponsoriser un événement jusqu’à s’en approprier le nom au détriment d’une légende du sport national, Belgacom l’a fait. Avant de, heureusement, revenir sur ses pas.

Benoît Dardenne
Mémorial Van Damme: l’erreur de (Belga)com’
VANDAMME ©BARANYI

Mais quelle mouche a donc bien pu piquer Belgacom et les organisateurs du Mémorial Van Damme? Mercredi, lors de la présentation du seul meeting belge d'athlétisme faisant partie de la Diamond League, Bob Verbeeck lâchait la bombe: exit la dénomination «Mémorial Van Damme», bonjour le «Belgacom Mémorial». Justification ahurissante: les gens ne savent plus qui est Ivo Van Damme. «Beaucoup pensaient que le Mémorial était en l'honneur de… Jean-Claude Van Damme», osait même le patron de Golazo, organisateur du Mémorial. Et pourquoi pas avec Jelle ou José tant qu'on y est?

Et puis est-ce seulement une raison valable? Si le double médaillé d’argent belge aux JO de Montréal en 1976 sur 800 et 1 500 m a vu notoriété s’effilocher au fil des années, le but d’un «Mémorial» n’est-il pas justement de maintenir le souvenir? L’athlète décédé le 29 décembre 1976 dans un accident de la route a dû se retourner dans sa tombe...

Mais la pierre n’est sans doute pas à jeter uniquement sur les organisateurs. Belgacom doit aussi se remettre en question. L’opérateur télécom est allé encore plus loin que tous ces sponsors qui jugent bon de rebaptiser des compétitions. Certes, ils mettent leurs billes et méritent de la visibilité. Mais de là à se substituer au nom d’une légende du sport belge... Allez un peu dire aux Américains que leur Stanley Cup en hockey devient l’US Telecom Cup ou aux Français que le prix Jean Gabin devient le Prix Bouygues Télécom et vous verrez le résultat. Une question de respect, tout simplement.

Il convient également de s’interroger sur la pertinence de changer le nom d’une compétition historiquement installée. Vous en connaissez beaucoup, vous, qui parlent de Cofidis Cup ou de Jupiler Pro League plutôt que de notre bonne vieille «Coupe de Belgique» et notre chère «D1»?

Critiqués de toutes parts, les organisateurs et Belgacom ont fini par regretter cette erreur de communication. Et, à leur décharge, ils ont fini par revenir sur leurs décision ce vendredi. «L'initiative a de toute évidence produit l'effet inverse» que celui désiré, a fini par concéder Bob Verbeeck dans une ode à Ivo Van Damme, «son idole absolue». Faute avouée à moitié pardonnée?

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