Lotus sur la lancée d’Abou Dhabi

Vainqueur à Abou Dhabi, début novembre, Kimi Räikkönen pourrait-il arbitrer le duel Vettel-Alonso, à Austin?

Daniel ORTELLI
Lotus sur la lancée d’Abou Dhabi

En faisant gagner une Lotus à Abou Dhabi, Kimi Raikkonen a replacé au sommet un nom prestigieux entre tous, l’un de ceux qui ont permis d’écrire la légende de la F1 depuis les années 50, comme Ferrari, McLaren et Williams.

Le Finlandais a fait comme si cela ne lui faisait ni chaud ni froid: «Pour moi, franchement, le nom Lotus ne fait aucune différence. Je suis surtout heureux pour tous les gars de l'équipe, qui n'étaient sûrement pas là en 1987».

En 1987, un jeune Brésilien doué, Ayrton Senna da Silva, avait été le dernier à faire triompher une Lotus. C’était à Detroit, aux États-Unis, dans une Lotus jaune canari équipée d’un moteur… Honda. Alors qu’en 1985 et1986, pour les deux premières saisons chez Lotus du futur triple champion du monde, le moteur était un Renault et les couleurs, noir et or, celles de la grande époque.

Tous les amateurs de F1 se souviennent des Lotus aux couleurs d’une marque de cigarettes, John Player Special, qui ont permis au Brésilien Emerson Fittipaldi, en 1972 et1974, puis à l’Américain Mario Andretti, en 1978, d’être sacrés champions du monde de F1. C'était alors l’apogée de Colin Chapman, ingénieur génial puis fondateur, en 1958, d’une marque qui a toujours fasciné les fans. Après le décès de Chapman, en 1982, puis les six victoires de Senna, entre 1985 et1987, le déclin a duré jusqu’en 1994 puis la flamme s’est éteinte… jusqu’en 2010.

La renaissance via Fernandes

Comme Lotus était une marque majeure, un homme d’affaires malaisien, Tony Fernandes, fondateur d’Air Asia, s’est dit que la replacer au pinacle du sport automobile serait valorisant pour ses multiples activités. Il l’a fait, avec un groupe de son pays, Proton, qui avait racheté le nom et l’activité voitures de sport de Lotus aux héritiers de Chapman.

Une écurie «Lotus F1 Racing» a été inscrite au championnat 2010, avec comme pilotes le Finlandais Heikki Kovalainen et l’Italien Jarno Trulli. En 2011, elle est devenue «Team Lotus», pendant qu’une autre écurie, Renault F1 (ex-Benetton), intéressée elle aussi par ce nom prestigieux, se rebaptisait «Lotus-Renault».

Une longue bagarre devant les tribunaux a suivi, perdue par Fernandes qui a aussitôt rebondi en rebaptisant son équipe Caterham. Du coup, il n’y a plus eu qu’un seul «Lotus F1 Team», avec Räikkönen et le Français Romain Grosjean. Avec des résultats 2012 dépassant les espoirs: la 3e place pilotes (Raikkonen), une 4e place constructeurs, une victoire…

Et pourquoi pas un deuxième succès de rang, ce dimanche à Austin (Texas)? En attendant, Sebastian Vettel a entamé le week-end en digne favori aux lauriers, en signant le meilleur temps des premiers et deuxièmes essais. Très loin devant son dernier rival pour le titre Alonso. Un signe?

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