Denis Pousset, au nom du père

Auteur du but décisif qui a donné la victoire à Faimes dans le derby, le médian a dédié son but à son père, décédé en semaine.

Anthony Rizzi
Denis Pousset, au nom du père
Orphelin de père depuis cette semaine, Pousset était ému. ©Heymans

Le derby Jehay-Faimes, on joue depuis quelque 35 minutes. Arpentant sa zone neutre comme à l'accoutumée, Luc Ernes se retourne vers son banc. " Bon, je vous le dis, les gars: c'est Denis Pousset qui va nous donner la victoire et signer le 1-3. Certain… "

Il faut croire que Pigeon est aussi, des fois, un sorcier. Peut-être qu’à l’époque, Robert Waseige, alors surnommé le mage de Rocourt, lui a transmis une partie de ses pouvoirs. En attendant, il reste 5 minutes à jouer, quand, Denis Pousset s’offre un slalom dans la défense bien apathique de Jehay pour signer le 1-3. Décisif puisque dans la foulée, les locaux réduisent la marque. Le petit médian faimois se dirige alors vers le poteau de corner et adresse un doigt vers le ciel, comme pour dédier son but à quelqu’un, un peu à la Christian Benteke. Et ses coéquipiers de se jeter sur lui dans une vague d’émotion que seul le foot provincial peut procurer.

Une émotion perceptible d'ailleurs à l'interview d'après-match pour le numéro 7 faimois, submergé par les larmes. "Ce geste, c'est pour mon papa Louis décédé pendant la semaine, dit-il en pleurs et entre deux bisous aux supportrices faimoises venues le soutenir. Il avait, ces derniers temps, une santé fragile et ne venait plus me voir. Mais il adorait le foot et était mon premier supporter. J'espère que de là où il est, il est fier. Car j'ai joué pour lui aujourd'hui. J'en avais besoin pour penser un peu à autre chose après une semaine très compliquée. On portait d'ailleurs le brassard noir en son hommage… "

Auteur d'un match courageux et à la base de la victoire de son équipe, Pousset aurait pu, dû rester à l'écart du groupe. "Mais mon père n'aurait pas été d'accord, assure-t-il. Puis, moi non plus. Et de là où il est, je suis sûr qu'il me dit merci. " Faimes aussi lui dit merci. Le courage n'avait manifestement d'égal que le talent dans son chef dimanche. Deux qualités qui forcent à elles seules le respect.