Le club de Fize demande réparation au Civil à l’ACFF

Le club villersois a décidé de ne pas en rester là dans l’affaire Fize-UCE Liège. L’arbitre s’est associé au club.

Anthony Rizzi
Le club de Fize demande réparation au Civil à l’ACFF
François Wautelet a fait de cette affaire une question de principe. ©Heymans

On pensait l’histoire Fize-UCE Liège terminée. Et l’affaire, qui avait fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois, est effectivement finie. Sauf pour le club fizois qui, bien que vainqueur final, a décidé de ne pas en rester là.

Sous la coupe de son président d'avocat François Wautelet, le club villersois a décidé de demander réparation suite à cette affaire devant un tribunal civil. La procédure vient à peine de commencer. Pourquoi cette procédure alors que Fize avait eu gain de cause et gagné face à l'ACFF, contrainte d'annuler 0-5 score de forfait lors de la troisième comparution en appel? François Wautelet s'explique. «D'aucuns, sur les réseaux sociaux, se demandent pourquoi je continue le combat, dit-il. Mais pour moi, c'est une question de principe. C'est la démocratie qui est attaquée dans cette affaire. Oui, au final, Fize n'a pas perdu le match. Mais quel temps perdu dans cette histoire avec, d'abord, cette comparution en instance, suivie de cette triple comparution en appel, et de ce double recours en évocation! Une perte de temps et d'argent, juste parce que l'ACFF n'a pas entendu admettre son erreur initiale. »

Voilà pour la forme. Mais selon Wautelet, le fond pose aussi souci. «Le fond du dossier est vraiment limite, assure-t-il. Plusieurs choses m'ont dérangé dans cette histoire. Comme le fait que les audiences de l'ACFF se déroulent à huis clos alors que les règlements précisent qu'elles doivent être publiques. Il y a aussi, par ailleurs, le fait qu'on condamne les gens sans motiver les décisions. Ou encore que l'Association Francophone des Clubs de Football condamne l'arbitre du match (NDLR: Christophe Hentschel) alors qu'il n'a rien à voir, et j'en passe. Je sais qu'on a du mal à comprendre notre position, mais je le répète, c'est la démocratie qui est en jeu. Ni plus, ni moins. Des gens qui gèrent une association qui vit de cotisations et de subsides doivent respecter les principes élémentaires de droit. Les statuts de l'ACFF prévoient ce respect, mais son fonctionnement s'en écarte. »

Cette affaire portée au Civil n'en est qu'à ses débuts. «En l'état actuel, l'ACFF fait pression pour que je cède ma place à un confrère, poursuit François Wautelet. Elle estime qu'il y a incompatibilité entre ma fonction de président et celle d'avocat de Fize. Alors que lors des comparutions devant les instances de l'ACFF, cela ne posait pas problème. S'il le faut, j'irai m'asseoir devant le confrère qui plaidera l'affaire à ma place. Vu que l'arbitre du match a à son tour été sanctionné en dépit du règlement et a servi de bouc émissaire, je lui ai proposé de s'associer à la procédure, chose qu'il a acceptée. Ce n'est pas normal qu'il ait été suspendu après cette histoire. Désolé, mais j'avoue que je ne comprends pas certaines pratiques de l'ACFF. Et à un moment, je pense qu'il faut oser le dire. Pas pour un match, mais pour les principes et la défense des valeurs démocratiques. »

L’arbitre s’associe à Fize

L'arbitre, justement, parlons-en. Il est l'autre versant de ce dossier porté au Civil. Souvenez-vous: en avril dernier, il avait été suspendu par l'ACFF pour, je cite, «propos contradictoires dans ses déclarations liées au match Fize-UCE Liège.» Sa suspension court jusqu'au 30 septembre, mais l'ACFF lui a déjà fait savoir qu'elle ne lui attribuerait plus de match en P1 en raison de sa collusion trop grande avec Fize. Ce que l'Amaytois ne comprend pas. «Oui, je me suis associé à Fize dans ce dossier, mais je ne comprends pas qu'on remette mon intégrité en cause, dit-il. Quand je siffle, je siffle. Et si c'est à un joueur de Fize que je dois mettre une carte, je le ferai. Là, je ne vais plus pouvoir siffler dans ma province. J'avoue que je suis écœuré. Je n'ai pas envie d'arrêter de siffler. J'ai déjà été suspendu pour rien alors que mes déclarations n'étaient pas contradictoires du tout. S'il le faut, tant pis, j'irai arbitrer à Namur. Après, l'ACFF cherche 700 arbitres…. » La prochaine audience aura lieu le 6 octobre, mais le Jugement n'est pas attendu avant de nombreux mois.

«Maître Wautelet en fait une affaire personnelle»

C'est l'avocat bruxellois Audry Stévenart du bureau Stibbe qui défend les intérêts de l'ACFF dans cette affaire. «En l'état actuel des choses, il n'y a pas grand-chose à dire, avance-t-il. Je peux déjà vous dire que la date du 6 octobre ne sera que le début de la procédure. On va aller bien au-delà et fixer simplement un agenda ce jour-là avec le futur dépôt des conclusions des uns et des autres. Cette affaire ira bien au-delà de 2021. »

Et quand on lui demande s'il comprend l'attitude de Fize et de son collègue François Wautelet quant à un tel acharnement, Audry Stévenart adopte une position nuancée. « C'est son droit d'agir de la sorte et le droit est là pour ça, dit-il. Mais à mon sens, cet acharnement comme vous dites relève plus d'une position personnelle dans laquelle Maître Wautelet s'est impliqué qu'autre chose. Après, je respecte ça et s'il estime que son club a été lésé, il a le droit de le faire savoir.» Voilà en tout cas une histoire qui prend des proportions dingues pour un match qui n'a pas eu lieu et dont le score de forfait administré tant à Fize qu'à l'UCE Liège avait été in fine annulé…