Arbitrage: la belle ascension de Quentin Pirard

Le Crisnéen termine sa 2e saison dans l’antichambre de l’élite nationale. Après Jonathan Lardot, aura-t-on un autre sifflet de l'arrondissement de Huy-Waremme en D1A?

David Dessouroux

Il est désormais bien loin le temps où Quentin Pirard tenait pour la première fois un sifflet en bouche. Il avait alors seize ans. Face à lui, de jeunes minimes de Waremme et Limont. Une belle aventure était en train de naître pour le Crisnéen qui, un par un, allait franchir les échelons devant le mener au sommet du championnat belge.

Sans savoir si la compétition professionnelle va reprendre ou non, il nous a semblé intéressant de faire le point avec celui qui termine sa deuxième saison en qualité d’arbitre principal de D1B.

Quentin Pirard, comment se déroule votre quotidien en ce moment?

Au niveau professionnel, je suis employé ressources humaines pour une entreprise qui réalise des plaques d’isolation thermique à base de bouteilles recyclées. En ce moment, je fais du télétravail un jour sur deux.

Et au niveau sportif, arrivez-vous malgré tout à vous entretenir physiquement?

J’essaye en tout cas… Vu qu’on ne sait pas encore si la saison va reprendre ou pas, il est important de garder la forme. On a ainsi reçu de la part de nos responsables un programme d’entraînement. Je fais donc un peu du sport tous les jours, avec de la course ou du vélo à travers les campagnes derrière chez moi. J’ai aussi quelques poids à la maison pour du renforcement musculaire. À côté de l’aspect sportif, nous avons également reçu sur le site des arbitres des vidéos à regarder avec différentes phases de jeu à analyser, histoire d’être aussi prêt mentalement au moment voulu.

À quand remonte la dernière fois où vous avez arbitré un match officiel?

En Belgique, c’était le 1er février 2020 et ce match entre Lokeren et l’Union Saint-Gilloise. Avec une victoire de ce dernier 0-2. Mais le véritable dernier match que j’ai sifflé, c’était aux Pays-Bas, le 21 février dernier lors d’une rencontre de D2 hollandaise entre les U21 du PSV et TOP Oss. Par contre, j’ai encore été 4e arbitre début mars à Anderlecht, qui recevait Zulte Waregem. J’ai eu droit à un festival de buts (NDLR: les Mauves se sont imposé 7-0) et à un feu d’artifice en prime (sourire).

Restez-vous en contact avec les autres arbitres du Royaume? Qu’est-ce que vous vous dites entre vous?

Avec un petit groupe d’arbitres liégeois (Vito Di Vincenzo, Christophe Battiston et Quentin Lesceux, trois juges de ligne), on reste en contact vu qu’on est de la même région et qu’on part aux entraînements ensemble. On s’assure que tout le monde va bien. Pareil dans notre groupe d’arbitres de D1B.

Vous avez arbitré huit matchs de D1B cette saison, sans oublier ce 16e de finale de Coupe de Belgique entre l’Union Saint-Gilloise et Verlaine ainsi que deux rencontres aux Pays-Bas. Êtes-vous satisfait de votre évolution?

Je suis globalement satisfait de ma saison. J’ai eu l’occasion d’arbitrer une dizaine de matchs officiels. Par rapport à la saison passée, je sens que j’ai pris de l’expérience, notamment au niveau de ma prise de décisions. Je n’ai pas entendu trop de critiques. Or vous savez bien que quand on ne parle pas trop d’un arbitre, c’est plutôt bon signe (rires). J’ai aussi pu acquérir beaucoup d’expérience en me produisant comme 4e arbitre dans des stades comme le Standard, Anderlecht ou encore Gand. J’ai aussi pris de l’assurance, comme lors de ce match entre l’Union Saint-Gilloise et le Beerschot, où il y avait un peu de pression car les deux équipes jouaient la tranche et où je brandis une carte rouge à Pietro Perdichizzi après seulement six minutes. C’est une décision lourde de conséquences puisque l’Union se retrouvait à dix presque toute la rencontre, mais j’étais sûr de moi.

Qu’est-ce que vous pourriez encore améliorer pour franchir un palier?

Mon autorité sur le terrain. Je pourrais encore plus la marquer, en étant parfois un peu plus démonstratif, histoire de bien montrer à tout le stade et pas seulement aux joueurs que c’est moi le patron sur le terrain.

Peut-on s’attendre à voir Quentin Pirard au sifflet de la D1A la saison prochaine, vous qui comptez au total une vingtaine de matchs comme 4e arbitre, dont le dernier Anderlecht – Zulte Waregem?

Au même titre que d’autres collègues, j’avais l’espoir de saisir ma chance lors de rencontres de play-off 2. Mais vu qu’il est impossible de dire si l’on jouera encore au foot cette saison, j’essaye de ne pas me prendre la tête.

Mais c’est certain que, même si je ne suis pas maître des décisions que prendront les formateurs pour la saison prochaine, j’espère pouvoir passer à l’échelon supérieur.